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Ordures ménagères
Le problème des ordures ménagères dans la capitale préoccupe tout le pays.
Moroni, Capitale de l'Union des Comores, est envahi par les ordures ménagères. Incroyable mai vrai ! Les ordures, déversées dans les rues de la capitale, à défauts d'infrastructures permettant leur traitement quotidien, des montagnes de déchets toxiques et nauséabonds, véritables foyers à bactéries, créent une situation de fait qui favorise toutes sortes d'épidémie. D'après le Vice président chargé de la santé, vingt cas de choléra ont été déclarés le mois de février.
La mairie de Moroni, les Gouvernements de l'Union et de l'île autonome de Ngazidja ne parviennent pas à trouver une solution face à ce problème d'insalubrité qui menace la santé Publique
Cette situation est imputable prioritairement à deux éléments essentiels : D'abord le ramassage irrégulier des ordures, ensuite le manque de site de stockage destiné aux traitements des déchets.
En effet, le site principal de Moindzaza Mboini dans la région de Bambao qui accueillait les ordures pour leurs traitements vient d'être fermé par l'ensemble des villages avoisinant le site, en réaction au manque de volonté de la part des instances gouvernementales, et surtout pour préserver leur santé.
Face à cette situation, l'Armée Nationale organise une opération "coup de point de nettoyage". Et la région de Itsandra ya Hamavou, précisément à OUSSIVO a été choisie arbitrairement par l'Armée comme site devant accueillir provisoirement le déversement des ordures. Mais très vite, elle se heurte à la résistance de la localité de Itsandra qui refuse que la région devienne un « site-poubelle », et qui réclame des mesures concrètes d'hygiènes. Rappelons que dans ce conflit, un homme a été blessé par balle par l'Armée et un ministre est passé à tabac par la population exacerbée.
Devant l'urgence, Ikoni qui avoisine les 12.000 habitants doit réfléchir et s'organiser autour de la commune pour étudier et mettre en place un système de traitement de ses ordures ménagères.
Qui proposerait une solution à ce problème d'insalubrité répare un honneur et sauve des vies....
Ali Oussouf Chioni, Ikoni-Ngazidja
LE 18 MARS 1978 LA VILLE D'IKONI EST EN DEUIL. ONZE DE SES ENFANTS VIENNENT DE TOMBER SOUS LES BALLES DES MILICES D'ALI SOILIHI. NOUS POUVONS PARDONNER MAIS NOUS NE DEVONS PAS OUBLIER, POUR LA MEMOIRE DE TOUTES LES VICTIMES DE LA BARBARIE. |
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IKONI, LE 18 MARS
Mes pleurs tiennent toujours
Mes pleurs des nuits et des jours
Dix et huit Mars…sur les pages
A Ikoni, samedi méchant que la rage.
L'oublie est loin des mémoires
De la journée noire que le soir
Le sang mouillant la place Bishioni
Est vivant dans le quotidien d'Ikoni.
Les onze âmes à jamais disparu
Sont gravées dans des cœurs détruits.
Lazare, témoin de leur repos
A avalé leur chaire et leur peau
Enfant d'Ikoni réveille toi, réveille
Le commando Mwasi un pire sans pareil.
Les corps au rendez-ce bon matin
Et les cœurs avec le châtiment si près et lointain.
Mes pleurs sont toujours aux victimes
Et aux invalides subissant le crime
Chaque dix et huit Mars d'une année
Nous commémorons amèrement cette journée.
Said Ahmed SAID YASSINE |
LES PHOTOS DE LA JOURNEE COMMEMORATIVE DU 18 MARS 1978 |
ET LA LUMIERE S'ETEINT SUR KODONI,
une pièce de théâtre sur les évènements du 18 mars 1978
Kodoni est une ville sortie de l'imaginaire de l'auteur mais qui ressemble à une ville côtière de la Grande-comore, qui jadis, aux temps des sultans batailleurs, abritait les plus grands et vaillants guerriers. Elle a toujours été une ville rebelle. La vie n'y suit jamais un cours tranquille. Et en cette période noire de l'Histoire des Comores dépuis l'indépendance, ses habitants sont confrontés aux exactions menées par le comité révolutionnaire instauré au village mais la détermination de ces déscendants des "hamadis" ne facilite pas la propagande des révolutionnaires. Quand tout à coup, la lumière s'éteint sur Kodoni.
Peinture de la vie d'une ville comme tant d'autres villes et villages au moment du régime tortionnaire de l'époque.
Les éditions Kalamu des îles
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LES MOTS AUX MAUX D'IKONI
NACHOUME : LA RESISTANCE
(Une danse traditionnelle spécifique à Ikoni)
Nachoumé est un cri d'alarme, mais aussi un appel à la résistance. Elle est une résistance face à l'agression, à l'envahisseur sans scrupule. Un engagement d'honneur. Elle est l'expression de courage et d'honneur de nos grands pères. Un témoignage de bravoure et d'héroïsme de Zé Hamadi za Ikoni
Nachoumé est une danse traditionnelle ikonienne chargée d'histoire relatant la résistance des guerriers d'Ikoni face à l'invasion des pirates malgaches dans les villages côtiers des Comores.
Nachoumé glorifie les valeurs héroïques des vaillants guerriers iconiens contre l'ennemi.
Nachoumé symbolise l'honneur des femmes iconiennes qui choisissent la mort au déshonneur en se jetant du sommet du mont Djabal à la mer plutôt que d'être tombées aux mains de l'ennemi, ces pirates malgaches, pilleurs et violeurs.
Au 18 ème siècle, et tous les 5 ans, des pirates malgaches envahissèrent successivement les villages côtiers des Comores, les pillant , et violent les femmes et capturent les hommes qui seront destinés au commerce honteux d'esclaves. Les iconiens doués de stratégie de guerre ont mis en place un plan de défense. Ils évacuent la ville qui, pour rappel, était la capitale administrative du sultanat de Ngazidja et chef-lieu de la région de Bambao. Les femmes, les enfants, les vieillards et une partie de leurs biens ont été placés en lieu sûr, dans le Mont-Djabal : ancien cratère offrant une forteresse où tout était organisé pour survivre.
Mais un berger originaire de la ville de Moroni, allait indiquer indique aux pirates une issue appelée « dopvo mizidjou » (un passage secret) par laquelle les pirates ont pris les iconiens en brèche.
Surpris, les ikoniens perdirent la bataille. Ils furent massacrés par des pirates munis d'armes à feu. Les sabres et autres épées des hamadis d'Ikoni étaient impuissants face aux canons de l'ennemi. Les hommes avaient sacrifié leur vie pour défendre leurs femmes, leurs enfants, leurs biens, leur honneur, leur ville, cette terre-mère qui est Ikoni Djabal.
Et le cri de guerre était « NACHOUME » La gloire ou la Mort : La resistance
Article proposé par Ali Oussouf Chioni, Ikoni-Ngazidja.
La journée ensanglantée du 18 mars 1978
A la place de Bichioni, pour la 29ème fois, les iconiens se retrouvent, hier, 18 mars 2007, après la prière de l'Ansur pour lire le coran à l'endroit et en la mémoire de 11 iconiens tombés sous les balles de l'armée révolutionnaire de Ali Soilih. C'était un 18 mars 1978 : « journée rouge pour Ikoni ».
C'était comme hier, et l'odeur de la peur hante encore les esprits…
On se croirait dans un film de guerre américain. C'était un bon matin, l'aube à peine apparue, la ville d'Ikoni se réveilla assiégée. Des soldats armés et encagoulés, certains surexcités envahirent la ville d'Ikoni et l'encerclèrent. Les premiers habitants qui voulaient se rendre dans leur lieu de travail ou dans les lieux saints pour la prière d'asbuhi, constatèrent très vite la gravité de la situation.
C'était comme hier, les enfants, les femmes et les vieillards entendaient devant leur maison les bruits des bottes qui raisonnaient dans les ruelles d'Ikoni : un bruit de va et vient qui faisait peur au ventre et qui pressentait le pire.
C'était comme hier, l'armée révolutionnaire de Ali Soilih, à la levée du jour sillonnait les ruelles d'Ikoni empêchant les habitants de reprendre une vie quotidienne et normale.
C'était comme hier, les scolaires, les travailleurs ont été déroutés de leurs destinations habituelles, et, conduits de force par l'armée nationale jusqu'à la place de Bichioni, aujourd'hui, Place des Martyrs.
C'était comme hier, sous un soleil grisâtre, la place de Bichioni contenait plus de 1500 hommes. |
C'était comme maintenant quand soudain un bruit inhabituel retentissait, vibrait, et qui rompit le silence indescriptible qu'observaient les 1500 ikoniens réunis pour mourir à la place de Bichioni; et ce jour-là, « la lumière s'éteint sur KODONI ».
C'était comme maintenant, qu'un cri désespéré, grave mais courageux s'interposa aux bruits de rafale de balles : « nélalé = couchez-vous »,...
Enfin, le 18 mars 1978, le sang a coulé à Ikoni. 29 ans après, les plaies sont ouvertes, 29 ans après on essaie de surmonter le traumatisme causé par la brutalité de l'action lâche de l'armée révolutionnaire. 29 ans après, l'évènement se raconte. Mais une ville comme Iconi, 29 ans après, l'histoire mérite d'être non seulement racontée mais aussi étudiée.
Certes, on essaie de pardonner ; mais faut-il savoir pardonner, ou faudrait-il comprendre d'abord ?
Rien ne peut justifier cette action barbare et perfide : celle de tuer son peuple... Mais, souvent, les actions lâches trouvent leurs raisons d'être dans des cercles dont la cœfficient de prudence et d'éducation civique est au dessous de la moyenne requise. Eduquons nos enfants ; leur apprendre l'histoire des sociétés, c'est leur apprendre à se révolter et à s'opposer dans les règles d'art.
Qui nous parle de l'armée révolutionnaire, je lui dirais qu'elle a du sang dans les mains. Wachili bwachili… |
Article proposé par Ali Oussouf Chioni, Ikoni-Ngazidja.
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