TRIBUNE LIBRE ACCORDE LA PAROLE A ABDEREMANE ALI ABDALLAH, MORONI-NGAZIDJA.
UN SAGE A DIT: LE MEILLEUR DISCOURS D'UN HOMME POLITIQUE C'EST CELUI QU'IL N'A PAS FAIT
Pauvre SAMBI ! Il a fallu un an pour que ses adversaires comprennent enfin que rien ne s'acquiert en si peu de temps là où d'autres ont échoué en une dizaine d'années voire plus !
Fallait-il attendre une année pour ouvrir les yeux sur les insuffisances de nos institutions, sur les irresponsabilités de nos hommes politiques lorsqu'ils sont au pouvoir ?
En dix neuf pages, le parti CRC, a effectué un bilan plus que désastreux de la présidence de SAMBI, s'arrêtant sur des promesses électorales non tenues comme si cela fut une originalité dans le monde politique de notre pays. Tenir ses promesses !
Dans ce monde infecté d'hommes politiques aux paroles fluctuantes, qui changent d'opinions à tout vent, où des partis politiques aux idées moribondes empestent les bangwes le temps d'une saison, nul ne saura être dupe, que la vérité se trouve ailleurs.
On dit de la présidence de SAMBI qu'il a fait fuir les investisseurs au pays des on-dit, où l'arrivée plus que probable des investisseurs a toujours été de toutes les discussions. Des investisseurs toujours invisibles.
En plusieurs décennies d'indépendance, on n'a jamais cessé de fredonner cet air de déjà entendu : « les investisseurs ne se hasarderaient jamais à placer leurs capitaux au pays des mercenaires… » Et Radio-cocotier avait toujours raison, depuis l'indépendance, les Comores n'ont jamais eu d'investisseurs dignes de ce nom, d'où l'inertie de tout un système désuet et moribond.
Pauvre Comores dirait l'anthropologue ! Les Comores de batailles politiques fratricides ! Comores des hommes politiques déloyaux souvent fourbes devant la misère des leurs ! Comores des ventripotents incestueux ! Comores notre beau pays trahi par les siens inattaquables et intéressés !
Ceci est le regard porté par le CRC sur un an de présidence d'un homme qui n'a pas su saisir l'opportunité qui lui a été offerte sur un plateau doré, celle de rassembler toutes les forces vives et nouvelles qui l'ont porté au trône.
Mais cela suffit-il à accuser cet homme, certes vertueux, un tantinet islamiste, de tous les maux de notre société, hérités depuis les premières heures d'indépendance hâtive, et qu'aucun gouvernement, depuis, n'a su ou pu éradiqués ?
N'étant ni abdallahiste encore moins soilihiste, et surtout pas takiste, un tantinet djohariste (père de la démocratie comorienne) ni azaliste non plus et certainement pas sambiste, je trouve la plaidoirie de nos amis fraîchement débarqués du bateau Comores, qu'ils ont occupé quelques années avant l'existence de l'Union des îles, contre la présidence de SAMBI, étrangement comoresques : c'est toujours l'autre qui a tort et qui ruine le pays.
Le peuple des Comores a, certainement faim, mais pas affamé au point d'ingurgiter des mots dénués d'humanismes et incapables de guérir leurs maux, qui portent des noms comme misère, prostitution, décadence des mœurs, pédophilie et autres encore honteux à décrire et que l'on voudrait étouffer…
Pauvre peuple ! En ces périodes de propagandes présidentielles, on voudrait encore nous faire croire que notre pays a sombré dans l'inertie parce qu'un homme n'a pas su tenir des promesses qu'il aurait faites, et que d'autres avant lui, comme lui, n'avaient jamais tenues ?


