LA TENUE DES PRESIDENTIELLES RESTE INCERTAINE
A Ngazidja, la situation reste confuse. Le rebondissement de la crise anjouanaise sape tout espoir d'unité. Le spectre d'une crise longue semble prévisible et hante les esprits, alimente les bangwes.
En outre, la tenue d'un deuxième tour des présidentielles des îles est incertaine pour les uns et dangereux pour les autres. Dangereux parce qu'on a déjà enregistré l'expression d'un ras-le-bol des wangazidjas vis-à-vis de leurs « frères » anjouanais. Hier encore, des anjouanais ont été agressés au marché, heureusement, les forces de l'ordre ont vite réagi, et pu ainsi évité un début de bain de sang.
Et quant au président Sambi, il ne pouvait que revenir, samedi dernier, sur sa décision d'organiser les élections à Anjouan le 17 juin. En effet, son décret relatif au report des élections dans l'île d'Anjouan au 17 juin, a été rendu, pour la énième fois, caduque, nul et non avenu. Maintenant les projecteurs sont braqués vers Addis Abeba, où l'on y attend les conclusions des assises sur la validation de l'intervention militaire de l'Union Africaine à Anjouan. Le vice-président Idi Nadhoime y représente l'Union des Comores.
Quelques jours après la confirmation par la cour constitutionnelle des résultats provisoires des îles autonomes de Ngazidja et de Mwali, Mohamed Abdoulwahab, le candidat de la mouvance présidentielle de l'Union, arrivé en tête au premier tour, et Said Larifou, bien que proche du président Sambi, et représentant le parti RIDJA, tardent à afficher leurs intentions quant à la crise constitutionnelle qui mine le pays.
Mais deux candidats qui disposent presque des traits communs qui constituent leurs atouts semblables. Ne sont-ils pas, tous les deux, proches du pouvoir central ? Ne disposent-ils pas des moyens financiers qui promettent une campagne généreuse et d'actions spectaculaires ?
Cependant, les tractations et autres alliances, obscures ou officielles, seront primordiales à chaque candidat pour espérer obtenir le fauteuil présidentiel. Néanmoins, les 16 candidats malheureux appelés logiquement à soutenir l'un ou l'autre candidat, réfléchissent et butent sur deux aspects qui distinguent les deux candidats :
Ils jugeraient Abdoulwahab impuissant à réagir face à l'immaturité politique du gouvernement de Sambi, leur manque de fermeté et de stratégies au rebondissement spectaculaire du séparatisme anjouanais. Et l'arrogance de Said Larifou, la richesse occulte sans origine déclarée inquiètent les partis et constituent un sérieux obstacle à se prononcer de son camp.
Seuls le parti Shuma et le président sortant, Elbak, tous les deux battus au 1 er tour, auraient déclaré n'avoir pas donné des consignes de vote.
Quant au parti CRC, il se prononcerait après la tenue d'un congrès. Me Mzimba, le chef de fil du nouveau parti PARI et Kamar-Ezzamane, soutiendraient Abdoulwahab.
Proposé par Foudjoumbi. Ngazidja


