IKONI DJABAL, VILLE D'EAU ET VILLE D'ART

PAUVRES COMORES

Sortie prévue

JUIN 2007

JOUEZ AVEC TV5

 

 

 

 

VISITEURS DU JOUR

 

HISTOIRE D'UNE DÉFAITE ÉLECTORALE

Ne cherchez plus, la défaite de Larifou, ce n'est pas à cause de Sambi ou Mohamed Abdoulwahab, c'est la faute à la rumeur...

Rappelez-vous quand vous étiez au lycée, au shioni ou au collège (ou si vous y êtes encore), nombre d'entre vous avaient sûrement des excuses rocambolesques pour justifier vos retards ou des devoirs non rendus à l'heure… Entre les classiques « mon réveil n'a pas sonné » ou « ma  chèvre l'a mangé », il y avait le provoquant « mon grand-père est mort hier soir » ou le très osé « mon rang chérifien me l'interdit ».  

Mais en politique, on utilise aussi ce genre d'excuses bidons pour, notamment, justifier les défaites électorales. En cela, les médias, l'adversaire et la rumeur constituent des cibles idéales. 

Après une défaite électorale , voici les complaintes des candidats déclarés vaincus  : les résultats électoraux ne sont pas uniformes. Nous ne bénéficions pas des mêmes moyens que ceux qui sont admis au deuxième tour. L'autre candidat est soutenu par le pouvoir central, de ce fait, il a tous les atouts. Nous n'avions pas assez de bus pour sillonner les villages lointains. Rien du tout, même pas un âne, quitte à ce qu'il refuse d'avancer… Et j'en passe des meilleures encore.

Et à chaque élection, à chaque défaite subie , la même tirade : c'est l'autre le responsable. Elbak à trouvé son bouc émissaire à sa propre débâcle : c'est Larifou qui lui aurait piqué la deuxième place, Pour Mtara, beaucoup de candidats à Mitsamiouli, Mshangama, il s'est trompé d'élection, il croyait que c'était les Municipales, Kémal, peut-être que son petit frère aurait dû le soutenir. Et Larifou, dans tout ça ? S'il venait de perdre les élections présidentielles auxquelles il a misé toute sa fortune ou celle de ses amis ?

Rappel des faits. Larifou, jeune avocat brillant, il a son propre cabinet dans l'Île Bourbon. Pas aux Comores ! Non, c'est trop petit. Certes pour y habiter mais pas trop exigu pour y être le maître absolu. Il se présente aux élections présidentielles. Sûr de son élection, il parcourt l'Île, généreux, très généreux, à bords d'un tout-terrain flambant neuf, escorté par une nuée de bus, bondés d'âmes acquises à sa cause. Larifou président ! Un air qui a fini par le séduire. Il prend les grands airs, devient un tantinet arrogant, manie l'insolence, parfois frisant le mépris… Mais omet toujours de dévoiler l'origine de ses fonds de campagne.

Alors, la rue ou ses adversaires, ont parlé pour lui. Larifou serait soutenu par un mystérieux groupuscule de confession chrétienne. Sacrilège en terre musulmane. Haram ! Et jamais on élira un kafir à la tête de notre île…Vous l'aurez compris, la rue a repris et lancé la rumeur selon laquelle Larifou serait de confession chrétienne.

Le hitima contre les polémiques infantiles . Pour se disculper de toutes ces accusations orchestrées, vraies ou fausses, le candidat Larifou a choisi de recourir au hitima, la justice divine, au lieu du débat réfléchi et intelligent sur les contraintes qui pèsent sur tout homme politique qui aspire à la magistrature supérieure d'un pays…Trop léger pour l'opinion, longtemps dupée mais enfin réveillée, et qui veut voir renaître dans le débat politique, la démocratie.

Mais la démocratie n'est jamais acquise, elle se conquiert en permanence. Cette fois-ci, c'est le peuple qui a gagné.

A comprendre et interpréter avec modération. Merci.

Proposé par Karibahari

 

Copyright ©2006 Ikoni Djabal