Le Développement Communautaire Intégré.
L'action politique n'a de sens que si elle se ressource sur des bases pérennes. La société ngazidjannienne a vécu jusqu'à ce jour sur des bases propres de générosité, de solidarité et surtout de volonté d'épanouissement endogène. Un petit regard des biens communs dans chaque village témoigne de cet élan. Dans mon village,(Mdjoièzi) uniquement un logement du directeur d'école a été construit par le colonisateur. Depuis nada. Et pourtant mon village a des routes bétonnées qui desservent chaque maison, un dispensaire, des écoles, des lieux publics divers et tutti conti comme tous autres villages de notre cher Ile. Les citoyens font le nécessaire pour vivre décemment : Construction massive des villas en autre. Mais le big problème pour nous, demeure le lien avec la puissance publique. Il nous est totalement défavorable et j'ose bien dire préjudiciable. Sur tous les secteurs, la puissance publique n'est pas en mesure de nous fournir même les services qu'on paie : Eau, électricité. Ajoutés aux routes, à l'éducation et à la santé ces sont, au moins, les 5 services primordiaux que la puissance publique est dans l'incapacité chronique à nous fournir.
De notre part, tenant compte du NEC (Nouveau Ensemble Comorien), je le dis du plus profond de mon cœur, nous avons à balayer devant notre propre porte pour éradiquer (au sens propre comme figuré) cette épidémie de choléra. Agissons seulement pour faire en sorte que charité bien ordonnée commence par soi-même. Donc focalisons nos énergies pour un temps à la recherche de l'élan volontariste indispensable à l'éveil de notre patriotisme insulaire.
Comment faire ? Mes propositions sont faites uniquement dans ce cadre de développement endogène insulaire. Les savants et docteurs ès tchatcha sont dispensés d'excitation de leurs pauvres neurones. Nous devons faire l'économie des disputes stériles.
Donc de ma part j'avancerai une première action politique qu'est le développement Communautaire Intégré : Organiser le développement de la participation des citoyens insulaires dans un but d'exploitation de nos potentialités afin d'aboutir à une véritable politique de création des richesses source de bien-être.
La structuration de cette politique est à concevoir tenant compte de nos réalités tant géographique, mœurs, organisations sociales conjuguées aux mécanismes indispensables à cette nouvelle volonté insulaire.
Piloté par un grand ministère doté du co-développement, de la coopération décentralisée et de l'implication de la diaspora, sa mission serait de faire converger les efforts indispensables avec les moyens existants ou à promouvoir pour une finalité qu'est l'épanouissement dans son milieu de la société Ngazidjanienne.
La base de cette politique est le village. Chaque village, quelque soit sa taille, doit être considéré comme un lieu de vie devant être doté d'un minimum de services vitaux. L'intercommunalité est à encourager pour des grands projets structurants d'intérêt collectif.
L'animation de cette politique sur les territoires sera de la responsabilité de chef des projets sectoriels ou thématiques.
Le financement de cette politique serait multipolaire. Un contrat plan s'impose entre au moins l'Etat et l'Ile pour conjuguer leur intervention sur le territoire ; des contrats d'objectifs sont à promouvoir avec les financeurs potentiels comme Le FIDA pour les initiatives agricoles et tous les systèmes des nations unies ou les institutions comme le conseil régional PACA ou SHARJA qui ont des accords de coopération avec l'Ile. L'auto financement proviendra de la valorisation de la participation des citoyens tant de l'intérieur que de l'extérieur (DIASPORA). Naturellement des outils de pilotage, des suivis et d'évaluation de cet ensemble sont à concevoir en amont. Dans ces outils (comités) prendront place les représentants des citoyens, de la puissance publique et des financeurs.
Un aperçu de la mécanique de cette politique volontariste : une collectivité ou une association villageoise désire entreprendre une action d'utilité collective. Un suivi de cette volonté est enclenché. Formation des initiateurs et des acteurs, encadrement linéaire, appui conseil dès la conception jusqu'à la réalisation avec une évaluation à la clé. D'autre part la puissance publique sur des thématiques d'utilité publique a la mission de la déclinaison sous forme d'appel à projets.
Dans cette logique un flux et reflux les propositions seront le socle de cette politique.
Il est toujours temps de rompre avec l'immobilisme, le fatalisme et tous les esprits des déclinologues. L'île de Nagazidja mérite plus que ce qu'on offre actuellement. Sortons une fois pour tout de la logique qui veut qu'on bouffe les semences pour nous amener à la logique saine de manger la récolte.
Paul-Charles DELAPEYRE
Marseille
| OPINIONS |
ENVIRONNEMENT
Le problème des ordures ménagères dans la capitale préoccupe tout le pays. Par Ali Oussouf Chioni
| DOSSIERS |
L'arrivée au pouvoir de Mohamed Taki: Mécanisme d'un paradoxe. Par Soulaïmane Soudjay
SANTÉ
Epidémie de choléra aux Comores: dynamique de la transmission, mise en place d'une stratégie de lutte communautaire, par Renaud Piarroux* et Alain Brunet**
*Responsable de Mission de Médecins du Monde aux Comores.
**Coordinateur de la Mission Choléra aux Comores, Médecins du Monde.
| TRIBUNE LIBRE |
DÉBAT
La sortie du livre Moroni Blues l'année dernière avait suscité une levée de bouclier et un tract que d'aucuns qualifient de nauséabond dans la Capitale. De telles manifestations vous paraissent-elles surannées ou sont-elles d'une paresse intellectuelle?
ENTRETIEN AVEC OUSSOUF ALI DJAE, Premier substitut du Procureur : " Dans l'immédiat le code pénal comorien doit absolument faire l'objet d'une reforme en profondeur et créer dans les meilleurs délais un code de procédure pénale. "
| LITTERATURE |
EXTRAITS AUDIO
Patrice Ahmed Abdallah
Théâtre,
154 pages,
ISBN : 2916735011
Date de sorti le 15 septembre 2006
PERSONALITES |
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Texte intégral de la convention|Tout sur l'enfance|Les associations |
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