LES ARCHIVES DE MOHAMED ABDULHAMIDE
Ministre d'Etat au Développement rural

Office des Examens et Concours

Proviseur Lycée Said Mohamed Cheikh
Directeur général des Enseignements.

DEVELOPPEMENT RURAL

 

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Bienvenue sur le site de l'ancien Ministre d'Etat chargé du Développement, de la pêche, de l'environnement et de l'artisanat de l'Union des Comores, et actuel Directeur de l'Enseignement.


DISCOURS PRONONCE PAR MOHAMED ABDULHAMIDE

MINISTRE D ETAT, MINISTRE DU DEVELOPPEMENT RURAL,

DE LA PECHE, DE L ARTISANAT ET DE L ENVIRONNEMENT

A L OCCASION DE SA VISITE DE TRAVAIL A DUBAI

 

Son Excellence Monsieur Saind Ben Mohamed AR RAKBAN, Ministre de l agriculture et de la pêche

ASSALAM ALAIKOUM

Permettez-moi tout d abord de vous présenter au nom du gouvernement de l Union des Comores dirige par le colonel Azali Assoumani, président de la République de l Union des Comores et au mien propre, les remerciements les plus sincères pour avoir bien voulu me recevoir.

Permettez-moi également de présenter mes salutations à son Altesse CHEIKH ZAID BEN SOULTOIN ALNAHYANE, président des Emirats Arabes Unis.

Je ne peux pas ne pas profiter de cette occasion pour rendre hommage aux efforts déployés par son Altesse CHEIKH ZAID BEN SOULTOIN ALNAHAYNE dans le domaine de l environnement et de l agriculture qui restent pour lui la base du développement économique des EMIRATS ARABES UNIS.

Des Comores, sous suivons avec beaucoup d admirations le succès du ZAID INTERNATIONAL PRICE décerne chaque année aux meilleurs défenseurs de notre environnement et donc de notre planète.J espère qu un jour un comorien se verra décerne ce prix:

Dans le domaine agricole, les Emirats Arabes Unis ont réussi un exploit en transformant le désert en foret et en créant une ceinture verte pour empêcher l extension du désert.

Je suis venu dans Les Emirats Arabes unis pour vous demander encore votre soutien et votre appui pour une relance de notre économie dans la lutte contre la pauvreté et je vais essayer de vous présenter brièvement le secteur agricole des Comore

•  Brève présentation du secteur

L'agriculture reste le secteur prépondérant de l'économie comorienne avec 40 % du PIB. Le secteur agricole emploi près de 80 % de la population active et génère 90 % des recettes d'exportation. Malgré cette prépondérance, le pays n'assure pas sa sécurité alimentaire et doit importer près de 30 000 tonnes de riz chaque année. Les Comores importent également des quantités relativement importantes de sucre, farine, viande et produits laitiers.

Cette situation s'explique par l'exiguïté du territoire, le morcellement des parcelles, un régime foncier qui ne favorise pas l'investissement et des techniques culturales traditionnelles inadaptées.

Trois types de production caractérisent l'agriculture comorienne :

•  Les cultures vivrières : Elles concernent les cultures traditionnelles de type tropical (bananes, manioc, cocos, patates douces, fruits à pain, ignames, taros…), mais également les cultures dites maraîchères (pommes de terre, oignons, tomates, salades, carottes…). Les cultures traditionnelles sont en grande partie auto consommées, tandis que les cultures maraîchères sont essentiellement destinées à la commercialisation. Le potentiel existant en matière de développement des cultures vivrières n'est pas suffisamment exploité. Des gains de rendement pourraient être obtenus par une amélioration des techniques (introduction de nouvelles variétés plus performantes, amélioration de la fertilité des sols cultivés et usage d'intrants). Une partie de la production est perdue (notamment les fruits et légumes) en absence de technologie appropriée de conservation, c'est le cas de la tomate qui abonde en saison alors que le pays importe du concentré de tomate et des fruits qui pourrissent alors qu'on importe de la confiture et des boissons.

•  Les cultures dites de rente : Il s'agit essentiellement de la vanille, girofle, ylang et essences à parfum destinés à l'exportation. Ces produits, qui sont les principales sources de devises du pays, sont actuellement fortement concurrencés sur le marché international et subissent les effets de la variation des cours. Il se pose à la fois un problème de débouché et de diversification (fleurs, épices et autres créneaux).

•  L'élevage des ruminants est une activité rémunératrice pour les agriculteurs. Le développement de l'élevage se heurte à la faiblesse des superficies de pâturages disponibles. Cependant l'expérience d'introduction de géniteurs pour l'amélioration des performances de la race locale a déjà donné de bons résultats. L'aviculture se développe à travers des petites unités artisanales. La maîtrise de l'alimentation et des soins sont le s condition s essentielle s de réussite de l'aviculture, or l'aliment actuellement importé connaît parfois des ruptures de stock.

•  Quelques axes potentiels d'investissement dans le secteur agricole

    1. Création d'un système spécifique de crédit pour le secteur agricole et rura

Les systèmes de crédit existant sont de deux types : le système bancaire traditionnel et le système mutualiste. Cependant ni l'un ni l'autre n'sont spécifique au secteur agricole et rural. Il n'existe donc pas de « crédit agricole » ou de « banque agricole » au sens courant des termes. Un système spécifique au secteur agricole et rural aurait l'avantage de répondre aux particularités de l'activité agricole et aussi de drainer l'épargne du monde rural afin de financer l'investissement.

    1. Développement d'une production « vivrière » destinée à l'exportation

En dehors des produits traditionnels dits de rente : vanille, girofle, ylang ylang et autres plantes à parfum, les Comores pourraient à l'instar des pays voisins développer une production agricole destinée à l'exportation, il s'agit essentiellement des légumes, des fruits, des fleurs et des épices. Cependant le développement d'une telle production nécessite des investissements en équipements, en formation et un système de transport du fret fiable.

    1. Création d'une provenderie

Malgré des progrès appréciables enregistrés ces dernières années en matière de production avicole ; en effet une bonne partie de demande en œufs est assurée par la production locale, le prix de revient de la viande de poulet produite sur place n'est compétitive par rapport à la viande de poulet importée sous forme de poulet entier mais surtout de cuisses et d'ailes. Une des raisons évoquées pour expliquer ce manque de compétitivité est la cherté de la provende importée. A ce problème de coût, il faut aussi ajouter les ruptures de stocks ou la réception de provende avariée suite à des retards imputables aux défaillances du transport maritime. La production locale de provende, qui pourrait s'avérer très rentable, lèverait un des obstacles majeurs à la croissance de la production avicole.

    1. Développement d'un élevage bovin amélioré

Etant donné l'exiguïté du territoire national, il ne semble pas possible de développer un élevage bovin de type extensif (ranching), cependant la race locale et l'élevage traditionnel pourraient être amélioré par l'introduction de géniteurs ou la pratique de l'insémination artificielle. L'expérience pilote d'introduction de géniteurs pour améliorer la race locale dans la région de Niumakélé a été concluante ; la production laitière a été nettement améliorée ce qui a permis l'installation d'une petite unité de transformation du lait (essentiellement du lait caillé). Une telle expérience pourrait être étendue dans la même région ou implantée dans d'autres régions du pays.

    1. Développement du secteur de l'agroalimentaire

La transformation des produits agricoles est peu développée alors que le pays importe une quantité non négligeable de produits agricoles manufacturés (lait en poudre, fromage, jus de fruits, confiture, concentré de tomate, biscuits…). Des tentatives de productions locales de jus de fruits, de biscuits, de bonbons et de yaourt ont déjà eu lieu mais se sont arrêtées. Actuellement, des entrepreneurs locaux se sont lancés dans une production semi-artisanale de confiture, chips et d'eau minérale. Il existe un potentiel qui pourrait être développé à condition que les goulots d'étranglement soient bien identifiés.

    1. Arboriculture

Les conditions pédo – climatiques, notamment l'existence de micro-climats permettent la culture de nombreuses espèces et variétés fruitières. La production fruitière actuelle reste marginale et se présente le plus souvent sous forme d'arbres éparpillés dans les parcelles agricoles. Il n'existe pas pour ainsi dire de véritables vergers en pur. La production fruitière comorienne, notamment de mangues, présente l'avantage d'être en contre saison de celle des pays tropicaux de l'hémisphère Nord. Elle pourrait donc de ce fait occuper un créneau particulier de production de « contre saison ».

Vous voyez Monsieur le Ministre que aux Comores les besoins en investissements sont plus qu ailleurs énormes malgré les efforts déployés car beaucoup reste encore à faire.

Nous comptons énormément sur votre soutien pour atteindre nos objectifs de l an 2015

Vive la coopération internationale

Je vous remercie


Discours du Ministre d'Etat, Ministre du Développement rural, de la pêche, de l'artisanat et de l'environnement à l'occasion du Forum ministériel mondial sur l'environnement

Dubaï du 4 au 9 Février 2006

Excellence Monsieur le Président de la session

Mesdames et messieurs

As Salam Alaykoum

Je tiens tout d'abord à exprimer la joie que j'éprouve à me trouver sur cette terre fraternelle et hospitalière des Emirats Arabes Unis pour l'excellente organisation de mon séjour à Dubaï

Energie et lutte contre la pauvreté

La réduction significative de la pauvreté et le développement durable constituent les défis majeurs du début de ce troisième millénaire pour les pays en voie de développement en général et les Comores en particulier. Ces deux objectifs sont fondamentalement liés dans le contexte des pays en développement et de l'Afrique en particulier.

En effet, le développement durable doit, en premier lieu, et c'est l'objectif majeur de la communauté internationale pour les années à venir, réduire la pauvreté: le Sommet des Nations Unies du Millenium (septembre 2000) n'a-t-il pas réaffirmé un objectif de réduction de moitié de la pauvreté d'ici 2015 ?

Par la suite, des études ont montrés que l'énergie devra être explicitement prise en compte dans les initiatives de lutte contre la pauvreté. Car, pour les populations pauvres, l'énergie est une composante essentielle de toute activité permettant d'assurer un minimum de développement économique et social et elle est indispensable à la satisfaction des besoins quotidiens (eau, nourriture, santé, éducation, etc.).

Donc, l'inaccessibilité des pauvres à l'énergie moderne telle que l'électricité leur prive l'accès à des services essentiels notamment en matière de santé, média (télévision) conservation (frigo), éducation populaire puisque ces services s'appuient sur des appareils électriques.

C'est ainsi que l'énergie doit être conçue au service du développement.

Face à l'énergie, l'insécurité et l'exclusion des pauvres

La satisfaction des besoins élémentaires des populations (nourriture, santé, logement, etc.) nécessite, pour la plupart d'entre eux, l'utilisation de diverses formes d'énergie. Leur rareté ou leur coût trop élevé concourent au maintien et à l'accroissement de la pauvreté en particulier dans les zones rurales. En effet :

•  soit les formes d'énergie sont accessibles à tous (comme la biomasse sous ses diverses formes), mais alors les prélèvements de proximité sur le couvert végétal participent à la dégradation de l'environnement et à la rareté de la ressource. Ces pratiques énergétiques, si elles ne sont pas organisées, concourent à la détérioration de l'environnement dans lequel vivent les populations généralement pauvres et par la même amplifient leur situation de pauvreté ;

•  soit les sources d'énergie (électricité, charbon de bois, gaz, produits pétroliers, etc.) sont régies par les mécanismes de marché en amont ou en aval, et alors, le coût des services énergétiques est trop élevé en regard des ressources disponibles des populations pauvres.

Dans les deux cas, l'inaccessibilité des pauvres à un service efficient équivaut à l'impossibilité d'assurer la couverture de leurs besoins élémentaires dans des conditions satisfaisantes. Ce qui caractérise la pauvreté c'est donc, au-delà de la faible consommation d'énergie, l'exclusion des pauvres des services d'énergie efficients observés actuellement d'une part, et l'inefficacité des politiques énergétiques mises en oeuvre à prendre en compte les préoccupations énergétiques des populations pauvres d'autre part.

Pauvreté et pratiques énergétiques :

Au Comores comme dans la plupart des pays africains, l'approvisionnement en énergie du milieu rural reste pour plus de 80% tiré de la biomasse, avec des rendements très faibles. Les résultats de nombreuses enquêtes et études ont montré que :

•  pour un même service énergétique, les pauvres paient plus que les autres: un éclairage au kérosène est 35à 40 fois moins efficace qu'un l'éclairage avec un tube néon. Ne parlons pas de l'efficacité des foyers de cuisson à bois par rapport aux réchauds à pétrole et aux cuisinières à gaz. En effet, pour la cuisson, par exemple, le rendement des premiers est cinq à huit fois inférieur à celui du gaz.

•  les pauvres dépensent proportionnellement plus pour un même service énergétique que les autres. Un coût de service de base trop élevé accroît la part du produit et du service dans les dépenses d'un ménage et diminue d'autant la part consacré aux autres consommations indispensables (santé, nourriture, éducation, etc.). Quand on constate que pour les plus pauvres (moins de 7$ de revenu par personne et par mois) l'énergie représente plus de 20% des dépenses on perçoit que la couverture des besoins élémentaires en énergie est une ponction difficilement supportable -notons que pour un revenu de 216 $ par personne et par mois, la part des dépenses énergétiques est de l'ordre de 5%.

L'état actuel du système électrique comorien laisse peu d'espoir de voir les populations rurales accéder rapidement à la satisfaction des besoins que procure l'électricité. Tout concourt donc dans le domaine de l'énergie à faire perdurer la situation d'exclusion des pauvres et même à aggraver leurs conditions. Le processus de déforestation entraîne la dégradation constante de leur environnement . Au total entre 1950 et 1993, l'étendue des forêts naturelles, sur l'ensemble des trois îles des Comores, serait passée de 31.000 ha à environ 800ha. Soit une régression de plus de 500 ha par an.

On ne peut séparer l'énergie des changements climatiques car en effet le recul de la forêt a des conséquences importantes au niveau de l'économie nationale.

La première de ces conséquences est la baisse des précipitations ; ainsi L'agriculture qui ne couvre que 49% de la ration alimentaire de la population, est menacée par l'érosion des sols, la perte de fertilité, le développement des ennemis des cultures et la réduction accélérée de l'espace cultivable. 57% des terres cultivables sont dégradées et le nombre d'hectare de terre cultivable par habitant est estimé à moins d'un demi-hectare.

Ce recul de la forêt entraîne des conséquences dramatiques sur la biodiversité et le régime des cours d'eau.

Quelles sont les priorités énergétiques identifiées ? & Recommandations

Les priorités s'articulent autour des points suivants :

•  Être en mesure de satisfaire la demande d'énergie actuelle et future

•  Assurer la régularité des fournitures d'électricité et des approvisionnements en hydrocarbures

•  Diversifier les sources d'énergie avec l'introduction plus massive du pétrole et du gaz butane dans les ménages et les distilleries d'ylang et, solaire et géothermique

•  Permettre l'accès à l'éclairage électrique dans le milieu rural

•  Assurer la sécurité des approvisionnements

•  Atteindre 40% de l'énergie hydraulique en 2006 à Mohéli et à Anjouan là où il y a des eaux de surface

•  Prospecter le potentiel géothermique pour avoir une évaluation sommaire en 2006 et l'étude détaillée en 2010

Je vous remercie

 

 

 

 

 

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