LES ENFANTS ET L'EDUCATION
Les droits de l'enfant sont-ils respectés aux Comores ? Quelles sont les mesures prises par les autorités comoriennes pour éradiquer l'errance des enfants des rues, pour promouvoir leur scolarité et pour combattre l'exploitation de certains de ces enfants ? Nous vous livrons quelques témoignages d'un expert comorien qui a travaillé sur l'éducation des enfants comoriens et de quelques acteurs actifs de l'Enseignement.
« Depuis l'indépendance des Comores, plusieurs expertises ont été menées, dans bien des domaines. Et nous avions constaté que la plupart des graves problèmes de pauvreté que connaît le pays ont engendré des difficultés dans divers domaines dont ceux de l'éducation. Et malgré les nombreuses interrogations et préoccupations que nous avions formulées auprès des autorités compétentes notamment des questions ayant trait à la situation des enfants handicapés, des enfants qui travaillent et des enfants des rues, les choses n'ont toujours pas évolué », nous confie, Ismail Ali, expert en matière d'éducation.
Et selon un ancien inspecteur de l'éducation chargé des questions relatives à l'enfance, les autorités comoriennes seraient préoccupées par ces problèmes que rencontre le pays, essentiellement liés aux problèmes socioéconomiques que subissent les enseignants comoriens dont les arriérés de salaire atteignent dix-huit mois de salaire.
Et pourtant, des mesures ont été prises par les Comores pour promouvoir la scolarisation des enfants dans les écoles modernes, même si celles-ci n'ont pas pu empêcher les « années blanches » que les Comores ont connues durant lesquelles les enfants n'ont pas été à l'école de toute l'année.
« Une rentrée scolaire ne se fait pas tant que les arriérés de salaire des enseignants, qui atteignent parfois jusqu'à plus de dix mois de salaire, ne sont pas payés », nous raconte, un instituteur. Pour notre expert, les problèmes scolaires sont inhérents aux problèmes socioéconomiques que rencontrent les enseignants comoriens.
« Et pourtant, les familles sont prêtes à tout pour assurer la scolarisation de leurs enfants », remarque, Abdou, professeur de Français, dans une école privée. Une crise qui n'empêche pas les écoles privées de se multiplier dans le pays. Ni les familles qui le peuvent d'y envoyer leurs enfants.
Mais ceux qui n'ont pas la chance de fréquenter l'école sont abandonnés à eux-mêmes. Certains vont aider leurs parents à effectuer des travaux agricoles, à flâner dans les ruelles des grandes villes, d'autres, en ce qui concerne les filles, seront orientés vers le mariage. Et le nombre des enfants de la rue s'accroît, reconnaît un expert.
Pour rappel, les Comores n'ont pas ratifié les conventions nE138 de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur l'âge minimum et sur l'élimination des pires formes de travail des enfants.
Enfin, l'expert a reconnu que beaucoup reste à faire dans le pays pour promouvoir les droits de l'enfant.
Proposé par Faouzia Said Oumouri, Enseignante à Moroni
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EXTRAITS AUDIO
Patrice Ahmed Abdallah
Théâtre,
154 pages,
ISBN : 2916735011
Date de sorti le 15 septembre 2006
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