DROIT DE PAROLE :
Et pourquoi faut-il toujours que nos malheurs proviennent d'ailleurs ? Le devoir d'un président serait-il de négliger ses devoirs ordinaires pour aller quémander des subsides à tous les râteliers ?
Pouvait-on prévoir ce qui s'est passé à Anjouan après la destitution du colonel-président Mohamed Bacar, par la haute instance constitutionnelle du pays ? Et comment peut-on interpréter les propos de l'ambassadeur de France aux Comores relevant les incompétences des dirigeants comoriens et des institutions face au séparatisme et aux autres maux qui rongent le pays?
Le peuple comorien ne doit plus cautionner les erreurs de ses dirigeants en les pardonnant sans cesse, quelles que soient leurs maladresses. Et pourquoi faut-il toujours que nos malheurs proviennent d'ailleurs ? Certes les intérêts du peuple comorien se heurtent souvent à ceux d'autres pays qui sont ravagés par la guerre civile et autres maux plus dramatiques. Serions-nous alors ce peuple qui ne réagit point mais qui se lamente inlassablement de son sort ?
SAMBI, chef suprême des Armées, en nommant un président par intérim à la place de Mohamed Bacar destitué par la cour suprême, n'a pas su deviner qu'il allait offrir à la classe politique anjouanaise dont certains rongés par le séparatisme une occasion de choisir des voies encore plus conflictuelles et absurdes de division et de trouble. Ne pouvait-il pas prévoir que Mohamed Bacar, décidé à défendre son pouvoir, utiliserait à son profit les incohérences juridictionnelles ?
Certes, il est inconvenant que le représentant d'un pays étranger sur notre sol tourne en dérision l'usage que nous faisons de la démocratie. Mais n'est-il pas, que les plats qu'il nous a servis, ne lui ont pas été préparés par nos dirigeants ? Si la forme reste méprisante et inconvenante, le fonds révèle un certain malaise sur le comportement honteux de nos dirigeants qui font fonctionner de travers la démocratie.
Suffit-il aujourd'hui de se lancer en invectives contre la France , en lui fustigeant responsable de tous nos maux ? Aucun remède ne saura résoudre tous nos problèmes tant que nous n'aurons pas le courage d'examiner et de remettre en cause les manières de fonctionner des hommes politiques ni de nous interroger sur la manière d'élire des hommes au passé douteux, au discours de division, sans projets de société…Alors, nous serons condamnés à subir de telles humiliations. On est respectable que si l'on se fait respecter.
Proposé par N. Djaffar Youssouf Mohamed


