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Découvrez, Ma ville natale, un poème de M. Abderemane Said Bacar.

REQUIEM POUR LE CADAVRE D'UN CHIEN


Ismail Aboubacar, sociologue.

Les insuffisances de l'enseignement privé aux Comores
Education nationale:
Les insuffisances de l'enseignement privé...
Chaque année au mois de septembre, c’est la rentrée des classes aux Comores, et plus particulièrement à Ngazidja. Les parents soucieux de l'éducation de leurs progénitures s'efforcent tant bien que mal à préparer cette dernière. Elle devient de plus en plus difficile quand l'élève a été exclu d'un établissement ou n'a pas réussi à son examen d'entrée dans une classe du lycée.

C'est ainsi que les parents n'ayant pu trouver ou monnayer pendant les vacances scolaires une place dans les établissements scolaires publics se tournent vers les établissements confessionnels, privés ou laïcs.

Parlant effectivement de ces établissements privés, il faut regarder la réalité en face, faire un tour dans ces institutions scolaires pour mieux les connaître.

En passant par les locaux, le matériel didactique, les conditions d'admission, la discipline, outre le salaire des enseignants... Le constat demeure triste.
Comme si chaque citoyen comorien peut créer son propre établissement scolaire, nous confiait un ancien proviseur d’un lycée privée.
Un texte et un décret légiférant la création d’un établissement scolaire existent mais leur application reste celle d'un triste constat qui a pour corollaire indubitable l'existence d'un système éducatif qui a atteint en un temps record l'ère des rendements décroissants.

Chaque fondateur s'attèle à dresser des listes fictives du personnel enseignant, créer quelquefois même des établissements scolaires dans leur domicile privé au risque et péril des malheureux élèves qui sont obligés de s'inscrire quand ils ont tout perdu ailleurs. Certains de nos établissements privés ou laïcs sont devenus des véritables maisons de commerce.

Locaux des établissements privés...

En dehors de quelques exceptions dans nos grandes villes, les petites villes et villages de campagnes de Ngazidja regorgent un grand nombre d'établissements privés qui n'ont que de nom et par conséquent risquent de ressembler très vite à des bâtiments abandonnés aux chèvres errantes.

Très souvent, c'est un amas de vieux contre plaqués et de vielles tôles qu'on utilise sur une surface très réduite pour asseoir la maison qui est supposée abriter les citoyens d'un pays qui aspire à l'excellence.

Dans ces prototypes d'établissements scolaires, les enfants sont entassés dans d'étroites salles de classes mal aérées rendant ainsi la circulation du malheureux enseignant difficile. Des cours de recréation très réduites ne peuvent contenir tous les élèves qui sont obligés d'errer dans les rues à des heures de pause. Le matériel didactique est exécrable et parfois inexistant. Les fondateurs n'ont jamais pensé à une bibliothèque, un laboratoire. Tous ces manquements compromettent l'éducation de ceux qu'ils prétendent encadrer.

Que dire des conditions d’admission dans ces établissements scolaires ?

Les conditions d'admission dans ces établissements sont faciles. Il suffit au début du mois de juillet jusqu'en septembre de se présenter à coûts des frais ne débordant pas quelquefois 6500 frs CFA (presque 10 €). La fréquence de ces concours est toujours récurrente. En moyenne trois sessions d’examens, ceci pour permettre à ceux qui n’ont pas réussi à la session première de se rattraper. Tous les postulants généralement sont admis et les classes de 180 élèves voire plus sont courantes avec des âges disparates.

Le recrutement des enseignants est fonction des affinités avec les fondateurs. On a quelquefois vu des enseignants, revenus d’un court stage de langue à l’étranger, par exemple, enseigner l’anglais en classe de terminale, sans être titulaires  d’un quelconque diplôme. Ou mieux encore des diplômés en Sciences naturelles dispenser des cours de littérature française. L’essentiel c’est de pouvoir « entretenir » les élèves, qu’importe le contenu de la leçon. Le drame, c’est que tout ceci se passe devant les yeux des responsables de l’éducation nationale qui sont supposés organiser des séances d’inspections pour s’assurer que dans les établissements scolaires les consignes et les règles appropriées sont appliquées. C’est ainsi que la pédagogie se trouve rangée aux calendes grecques. Le Ministère de tutelle n’a jamais pensé à une rencontre de recyclage d’enseignants. Tout individu lambda peut devenir enseignant, pourvu qu’il ne conteste pas ce qui lui est donné à la fin du mois en guise de récompense. On ne parle plus ici de salaire.

A la fin d’année scolaire, la liste des élèves exclus devient longue. Les mêmes exclus reviennent l'année suivante à condition de remplir les conditions financières requises. L'année scolaire commence en septembre et s'achève très souvent en avril à cause de la grève des enseignants suite à leur non-paiement.

La majeure partie des inspecteurs pédagogiques provinciaux sont corrompus par la majorité des propriétaires de ces différents établissements scolaires et ne rendent visite qu'aux fondateurs qui n'ont pas pensé à leur remettre une enveloppe. Tout ceci ne peut que traduire l'image du dysfonctionnement du système que le régime en place a cautionné et qui est devenu une pratique courante.


DOSSIERS  

DEVELOPPEMENT RURAL par Mohamed Abdoulhamid

Géographe de formation, enseignant et ancien proviseur du Lycée Saïd Mohamed Cheick, Mohamed Abdoulhamid, dès sa nomination, a pris conscience des difficultés qu'éprouvait la paysannerie comorienne à amorcer un processus de développement autonome.

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L'arrivée au pouvoir de Mohamed Taki: Mécanisme d'un paradoxe. Par Soulaïmane Soudjay

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La sortie du livre Moroni Blues l'année dernière avait suscité une levée de bouclier et un tract que d'aucuns qualifient de nauséabond dans la Capitale. De telles manifestations vous paraissent-elles surannées ou sont-elles d'une paresse intellectuelle?

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