IKONI DJABAL, VILLE D'EAU ET VILLE D'ART

 

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LA FORMATION DU NOM

L'étude des noms du comorien se réalise suivant des classes nominales identifiées par des préfixes placés devant chaque nom. Ces classes nominales sont regroupées en singulier et pluriel. Nous avons la catégorie ½ ; ¾ ; 5/6 ; 7/8 ; 9/10 ; 11/10° ; 14/15/16.

1. Catégorie 1/2

C'est la catégorie qui regroupe les noms de préfixes m au singulier et wa au pluriel

La classe 1 : C'est la classe des noms précédés du préfixe m

Exemple : m wade : malade ; m dzadze :maman ;

m djomba :oncle; m limadji : cultivateur

La classe 2 : C'est la classe des noms précédés du préfixe wa pluriel de m .

Exemple : w awade :des malades, w adzadze :des mamans

w adjomba :des oncles, w alimadji :des cultivateurs

Les noms précédés des préfixes m et wa sont indéfinis. Dans cette catégorie, les articles définis employés sont ye pour le singulier et o pour le pluriel.

Exemple : ye mwade le (la) malade; ye mdzadze : la maman

ye mdjomba : l'oncle ; ye mlimadji : le paysan

o wawade : les malades; o wadzadze :les mamans

o wadjomba : les oncles, o walimadji :les paysans.

Remarques  :

•  Les classes ½ regroupent seulement des noms qui désignent des personnes.

•  Du fait que le comorien fait partie des langues agglutinantes, où les mots sont collés entre eux, les articles définis se collent alors aux noms comme d'autres mots que nous verrons dans les prochains cours.

INTRODUCTION AU PREMIER COURS DE COMORIEN

Origine de la langue comorienne

La population de l'archipel des Comores est issue d'un brassage de peuplement venu d'horizons différentes : Afrique de l'est, Golf Persique ( le Yemen actuel), Arabie, Indonésie, Occident, Madagascar, etc. Chaque peuple apporte sa culture, langue, croyance religieuse, mode de vie, de pensée, d'organisation et de fonctionnement. Au contact des peuples naît la civilisation comorienne riche par le métissage mais compliquée dans son fonctionnement car tout se confond. Cette diversité ethnique a sans doute ses conséquences sur le plan de la linguistique comorienne. Ce sont surtout les langues africaines, l'arabe et le français qui ont le plus influencé la langue comorienne notamment le shingazidja.

Ce sont surtout les Africains qui occupent la plus grande place dans la linguistique comorienne et en deuxième position l'arabe une fois que dans la conquête de nos îles, ce sont les peuples noirs de la côte Est de l'Afrique qui sont devenus les peules autochtones de l'archipel ainsi que les Malgaches à Mayotte. Ces peuples noirs se repartissent en 5 grandes familles.

Famille Chamito-sémitique

Famille Nilo-saharienne

Famille Négro-congolaise

Famille Khoïsane

Famille bantoue

Les Comores sortent de cette dernière famille bantoue.

En terme d'expansion géographique, les langues bantoues constituent la famille linguistique la plus répandue de toute l'Afrique. On estime à 310 millions le nombre des locuteurs de ces langues.

Le swahili ( qui veut dire les côtes ) est la langue qui nous intéresse aujourd'hui en raison de sa parenté avec le comorien.

Le swahili est parlé par 773 000 locuteurs comme langue maternelle (surtout à Zanzibar), il est aussi utilisé par plus de 30 millions de locuteurs comme langue seconde , principalement en Tanzanie, au Kenya, au Congo-Kinshasa et en Ouganda.

En tant que langue véhiculaire commerciale, il peut être compris par 20 millions de personnes supplémentaires.

Les langues swahilies forment un groupe de langue bantoue de l' Afrique de l'est qui sont le fruit d'un métissage de langues africaines et arabe . La plus utilisée et populaire de ces langues est le kiswahili .

 Selon l'histoire linguistique de l'Afrique de l'Est, les 4 îles des Comores se situent dans une aire géographique où la culture swahilie exerce une influence particulière.

Le kiswahili et le shikomori partagent alors des caractères communs du fait qu'ils se sont rapprochés depuis de nombreux siècles. Ils ont un ancêtre commun baptisé de " sabaki" selon DEREK NURSE (professeur au Département de linguistique à l'université Mémorial au Canada ) qui considère que le foyer primitif des langues de la sous-famille "sabaki" serait situé au Kenya, tout au long de la rivière Tana.

Ces deux langues selon lui, ont commencé à se différencier dès le XIIe siècle et chacune d'elles évolue indépendamment de l'autre en fonction des mouvements migratoires des populations des deux rives. Les liens entretenus par ces deux langues commençaient à s'affaiblir considérablement avec l'avènement de la colonisation française.

Le shikomori est alors une langue ayant eu plus de contact avec d'autres langues et c'est la raison pour laquelle nous y trouvons une multitude d'emprunts. (langues africaines, arabe, portugais, espagnole, malgache, français, et.)

LA FORMATION DU NOM : 2. La catégorie ¾

Classes 3/4 de préfixes m et mi

La classe 3 : C'est la classe des noms singuliers précédés du préfixe m .

Exemple  : m hono : bras ; m koba : sac ; m sihiri : mosquée

La classe 4  :C'est la classe des noms précédés de mi pluriel de m

Exemple: mi hono: des bras; mi koba : des sacs; mi sihiri : des mosquées.

Les noms précédés des préfixes m et mi sont indéfinis. Pour que le nom soit défini dans cette catégorie, on utilise les articles définis o pour le singulier et ye pour le pluriel. C'est l'inverse de la première catégorie.

Remarque : Les classes ¾ sont formées des noms d'objets et des parties du corps.

Exemple  : o mhono: le bras; o mkoba: le sac; o msihiri : la mosquée

ye mihono: les bras; ye mikoba : les sacs ; ye misihiri : les mosquées

Remarques   générales:

* Quelques noms dont le préfixe singulier est suivi de [ w ] ne respectent pas la règle. Ils font leur pluriel en we.

 Dans ce cas-ci, il se dégage 2 cas  :

a) Si le préfixe m est suivi de wi , ce dernier est remplacé par we pour former le pluriel.

Exemple : mwidzi : voleur ; wedzi des voleurs ;

mwinyi: propriétaire; wenyi: des propriétaires

yemwidzi nge mwade. Le voleur est malade

owedzi ngwao hodahoni. Les voleurs sont à la maison.

yemwinyi ye radiyo ngudjo leo. Le propriétaire de la radio arrive aujourd'hui.

owenyi yeradio ngwadjao leo. Les propriétaires de la radio arrivent aujourd'hui.

b) Si le préfixe singulier m est suivi de we, il se dégage 2 cas :

* Si le nom désigne un être humain, on supprime seulement le m pour obtenir le pluriel.

Exemple : mwendadji : vagabond

wendadji : des vagabonds

yemwendadji nge hondanihahe ;

owendadji ngwao hondanihawo ;

* Si le nom désigne autre chose qu'un être humain, on supprime le w pour obtenir le pluriel.

Exemple : mwendje : lumière

mendje : des lumières

omwendje ngo waliao ledaho.

Yemendje ngai waliao ledaho

c) Les noms m waba ( grenier) et m waha ( année) ne suivent pas la règle au pluriel. Ils deviennet maba et maha au pluriel. On supprime seulement le w pour obtenir ce pluriel.

LA FORMATION DU NOM: La catégorie 5/6

La formation du nom : classes 5/6 de préfixe Ø et ma

1. La classe 5  : C'est la classe des noms singuliers sans préfixes. Ce sont généralement les noms qui commencent par g – k – p – d-tr – f – s - dhw

Exemple : gari : voiture; dudja : vague ;paha: chat.

kanga : corbeille ; trama : maïs;djawabu: réponse

fundi : maître ; sinamu : image; dhwamana: responsable

Cette classe emploie deux articles définis: le et ye :

- le pour les noms de chose :

Exemple : legari : la voiture, ledudja : la vague, le paha: le chat

lekanga : la corbeille, letrama : le maïs; ledjawabu: la réponse

- ye pour les noms qui désignent des personnes.

Exemple: yefundi : le maître, yegoli : le gardien de buts; yedhwamana.

2. La classe 6  : C'est la classe des noms précédés du préfixe ma  pluriel de la classe 5.

Exemple : magari : des voitures; maludja : des vagues; mahanga: des corbeilles ;

marama : des maïs ; mafundi : des maîtres; paha : chat; mapvaha: des chats.

Dans cette classe, l'article employé est ye .

Exemple : yemagari : les voitures, yemaludja : les vagues,

yemahanga : les corbeilles, yemarama : les maïs,

yemafundi : les maîtres.yemapvaha: les chats;

yemadjawabu: les réponses

Dans cette catégorie ( 5/6), nous constatons deux choses:

a) Elle concerne des noms de chose et des humains.

b) En passant du singulier au pluriel, on observe une alternance consonantique dans certains noms. Une consonne disparaît au profit d'une autre. ce sont principalement les noms qui commencent par:

d - k – p – d-tr

Exemple: - d udja : ma l udja ; ; tr ama : ma r ama ;

dudja : la consonne (d) est remplacée par (l) au pluriel ;

le d devient l au pluriel

- k anga  ma h anga 

Kanga : la consonne (k) est remplacée par (h) au pluriel.

le k devient h au pluriel

- p aha : ma pv aha

Paha : la consonne (p) est remplacée par (pv) mapviho ;

le p devient pv au pluriel

- tr ama: ma r ama

trama :la consonne double (tr) est remplacée par (r) marama. Ici on ne remplace pas mais on supprime le t ;

le tr devient r au pluriel

Remarque: Les noms qui commencent par g- f – s - dj et dhw (gari, fundi, djawabu, sinamu, dhwamana)n'ont pas eu de changement morphologique. Ils gardent leur forme primitive :

Remarque  : dans cette catégorie (5/6) nous retrouvons des noms de chose, quelques noms qui désignent des humains et très rarement des noms qui désignent des animaux.

Exemles des humains: dhwamana madhwamana:responsable

daba malaba: idiot

dukteri madukteri: docteur

NB. Souvent ce sont des noms empruntés à d'autres langues.

LA FORMATION DU NOM : La catégorie 7/8

Classes 7/8 de préfixes singuliers h-i-sh et z pour le pluriel

La classe 7  :c'est la classe des noms singuliers précédés de h-i-sh

Exemple : hiri: chaise, ifuba : poitrine, shano : assiette.

Les articles employés sont she , ye et rarement le

On emploie she pour les noms commençant pas i et h

Exemple: shehiri : la chaise, sheitranda : le lit

Remarque  : les noms commençant par she ont l'article ye .

Exemple : yeshano : l'assiette ;

yeshama : l'association ;

yeshononde : le couteau

Tous les noms en sh sont employés avec l'article ye hormis : shamba : champ, shishiyo : oreille et shatri : chemise ayant comme article le .

Exemple : leshamba: le champ, leshatri : la chemise, leshishiyo : l'oreille.

La classe 8  : La classe des noms précédés du préfix z , pluriel de h - i - sh

Exemple: hiri : ziri ; ifuba :zifuba ; itranda : zitranda ; shano : zano,

L'article employé est ye

Exemple : yeziri, yezifuba, yezitranda, yezano

Remarques :

1. Les noms employés avec l'article le ont une particularité. Ils ont l'article ye au pluriel par contre, le nom est précédé du préfixe pluriel ma et le préfixe pluriel z .

Exemple : shamba, mazamba, shatri :mazatri

Exemple : yemazamba: yemazatri :

2. Des noms  acceptent le préfixe pluriel de la classe 6 (ma) sans changement de sa forme interne.

Exemple : shishiyo : mashishiyo

leshishiyo yemashishyo 

shababi : mashababi

yeshababi yemashababi

Exemples des noms des classes 5/6 et 7/8

LA FORMATION DU NOM : La catégorie 9/10

Classe 9/10 : de préfixes Ø/ Ø

Ce sont des classes n'ayant ni préfixe pour le singulier ni pour le pluriel.

singulier pluriel

Exemples :

nuni oiseau nuni des oiseaux

nyoshi abeille nyoshi des abeilles

mbuzi cabri mbuzi des cabris

nfi poisson nfi des poissons

meza table meza des tables

habari nouvelle habari des nouvelles

nkuhu coq nkuhu des coqs

Ces classes regroupent généralement des noms commençant par n , m et rarement h et qui désignent des objets, animaux et volaille.

Le pluriel dans cette classe s'observe dans le contexte.

Cours proposé par Said Soilihi, linguiste

Copyright ©2006 Ikoni Djabal