IKONI DJABAL, VILLE D'EAU ET VILLE D'ART

 

Ikoni et le Twarab

Le Twarab est un genre musical d'origine arabe, introduit aux Comores par les immigrés comoriens de Zanzibar. Il est avant tout un concours de chant. Les chansons interprétées par les orchestres étaient ramenées de Zanzibar par les voyageurs. Et ils reprenaient en arabe et swahili les standards de Farid El Atrache ou d’Oum Kalsoum. Mais en 1962, Mohamed Hassane a eu l’idée de chanter le twarab en shingazidja, la langue dialectale locale. Aussitôt, les spectateurs affluent de toute l'île pour entendre ça. Il devient le chanteur en vogue et enregistre régulièrement pour Radio Comores. Interprété par de grands orchestres, le Twarab comorien est avant tout basé sur le oud, le msondro (cruche en terre recouverte d'une peau de chèvre) et surtout le violon. Des musiciens jouent et interprètent des thèmes sur des airs connus, les chanteurs improvisent des paroles, le plus souvent ironiques et pleines d'esprit, prétexte à toutes les moqueries, mais aussi, à transmettre divers messages codés aux oreilles qui savent entendre. Les performances viennent autant du chanteur que du musicien.

Aux Comores, chaque village veut et doit avoir son orchestre. Ikoni eut l’Entente, le premier orchestre de la ville, remplacé plus tard par Nour-El-Djabal, qui sous l’impulsion des grands virtuoses du violon et de la chanson, incarnés par feu Ahamada Soilihi dit Tino (en hommage à Tino Rossi, chanteur en vogue à l’époque), de feu Miradji Soulé et de la grande diva Hassanati, une femme à la voix envoûtante et sublime, conquerra les coeurs et le pays tout entier. Nour-El-Djabal, emmenée par sa diva, devient l’orchestre de toutes les grandes occasions.

Ikoni a eu quatre grands orchestres de twarab : Nour-El-Djabal ; Nour-El-Falahi ; Hibati-El-Watwan ; Pêche-Music. Chaque orchestre a eu sa période de gloire.

| ©2006 Ikoni Djabal