MALUZINI, SOURCE DE CONFLITS ENTRE MORONI ET IKONI.
Le conflit entre Moroni et Ikoni porte sur Maluzini, une zone située au sud de la capitale et considérée par les habitants d'Ikoni comme faisant historiquement et géographiquement partie intégrante de leur localité.
Le 2 octobre 1992, une requête a été adressée au président de la République des Comores, par les notables d'Ikoni pour revendiquer l'appartenance historique de Maluzini à la localité d'Ikoni.
Selon les traditions orales sur le peuplement d'Ikoni, trois groupes de familles fondatrices de la ville d'Ikoni actuelle, Inya Djiva, Inya Mawahiko et Inya Djombe Djanga, se seraient les premiers installés à Maluzini, comptoir commercial arabe entre le X ? et le XII ? siècle. Lors d'une éruption volcanique d'une date inconnue, une coulée de lave détruisit et anéantit cette ville de Maluzini. Les habitants se déplacèrent vers Zikokoni, Mitsambuni puis vinrent défricher Ikoni et s'y implantèrent définitivement.
D'ailleurs aux alentours de Maluzini il existe des grottes qui portent les noms de ces clans jusqu'à nos jours (Panga la Inya Mawihiko, la Inya Djiva). Aussi, les recherches archéologiques récentes ont démontré que des humains habitaient les alentours de ladite Maluzini entre le X-XI-XII ? siècles.
Donc la confirmation de la présence humaine en ce lieu par la tradition, la science, et la dénomination des grottes voisines de Maluzini sous les noms des clans des familles existantes et originaires d'Ikoni (selon la tradition orale), démontrèrent que ce terrain de Maluzini appartient historiquement à cette ville d'Ikoni.
De l'époque des sultanats : depuis la naissance du système de sultanat à Ngazidja, entre le XV ? et le XVI ? siècle, Ikoni demeura la capitale administrative de l'Inya Matswa Pirusa de Bambao. Aucune tradition n'a jamais fait état d'une occupation ou d'une vente de Maluzini par l'un des sultans nés en majorité au palais princier de Moroni et exerçant leurs fonctions au palais Kapviridjewe d'Ikoni, ou/et par des vizirs du sultan de la région.
De l'époque coloniale : considérant la lettre écrite à Dzaoudzi le 20 mars 1948 au directeur de la Société Anonyme de la Grande Comore en ce qui concerne la parcelle Maluzini dans le canton, qui stipule :
D'après le contrat intervenu entre le Ministère des colonies de 1890, les terrains destinés à la Société et les villages sont protégés…Le gouvernement a alors précisé les endroits appartenant aux Comoriens y compris cette Maluzini. Ces dispositions ont été affichées le 26-12-1908.
Il nous est donc permis de dire que Maluzini n'a jamais fait partie des terres domaniales exploitées par les colons français et autres.
Nous pouvons en déduire aussi que Maluzini qui n'a jamais été connue comme propriété de la famille d'un sultan quelconque à l'époque des sultans et qui n'a pas été occupé par la Société Anonyme de l'époque coloniale est un droit acquis à une population historiquement et socialement respectée, c'est-à-dire les descendants des familles fondatrices d'Ikoni, l'une des anciennes villes de Ngazidja.
Au XIX ? siècle, Cheick Ahmed, père de Saïd Mohamed El-Marouf, après son alliance en mariage avec une Ikonienne, avait obtenu l'autorisation spéciale et unique de faire un élevage de cabris à Maluzini. Il avait exercé ce métier d'éleveur en ce lieu durant plusieurs dizaines d'années sans chercher à s'approprier ou à revendiquer une des parcelles de ce terrain.
De l'autonomie interne : pour l'intérêt commun supérieur de la nation comorienne, le président Saïd Mohamed Cheikh, en accord avec le prince Saïd Ibrahim, (seul interlocuteur des Ikoniens dans les instances politiques de l'époque) avait entrepris les travaux de prolongement de la piste de l'aérodrome de Moroni (ce prolongement est sur le site de Maluzini) afin de permettre l'atterrissage des gros avions à réaction. C'est pour cette raison que l'aérodrome a eu comme nom l' « aéroport Moroni-Ikoni ».
C'est à cette époque que des parcelles de ce terrain ont été vendues par la population d'Ikoni et que des actes de vente ont été délivrés à des acheteurs particuliers (Grimaldi, Obert Robert, etc.)
D'autre part, le plan d'extension de la ville de Moroni avant et après 1960 n'a pas envisagé l'occupation du terrain Maluzini.
De l'indépendance en 1975 à 1978 : Maluzini n'a jamais fait l'objet d'une nationalisation alors que tous les terrains appartenant aux colons ou reconnus domaniaux étaient nationalisés par le gouvernement. Seuls des projets de constructions administratives ont été envisagées en cette localité.
INCONTESTABLEMENT, MALUZINI EST UNE TERRE DE LA LOCALITÉ D'IKONI.
Source : ya mkobe, N° 8-9, février 2002. CNDRS-KomÉdit : Quand la terre devient source de conflits à Ngazidja : Ainouddine SIDI
Les signataires de cette requête sont: Soulé Djaé Mbamba, Mmadi Ali Ibrahim, Ahamada Boinali, Mmadi Said Mbinga, Mmadi Mzé Mhadjou, Massoundi Abdou Hassani, Issa Mbaye, Soulé Issilamou, Mohamed Ali (Algérie), Ahamada Adamou, Ahamada Saïd, Doudja Ali, Moussa Issihaka, Moussa Chabani, Assoumani Soulé, Chawali Ali Abdallah.
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ENTRETIEN AVEC LE LINGUISTE SAID SOILIHI
Le comorien peut être un moyen pour rehausser le niveau bas en français aux Comores. Un enfant francophone ne maîtrisant pas le fonctionnement de la phrase de sa langue maternelle a des difficultés de comprendre la structure de la phrase française.
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par SAID Ahmed Said Yassine, Ecrivain.
Ton père sera à mon coté ? La cour inconstitutionnelle va me valider ? Ou nous ferons comme l'homme fort de la terre de djumbe fatima ? Oui on fera pareil. On dira aux autres insulaires que non. « On ne veut pas de vous ».
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