| Quelques articles |
Géographe de formation, enseignant et ancien proviseur du Lycée Saïd Mohamed Cheick, Mohamed Abdoulhamid, dès sa nomination, a pris conscience des difficultés qu'éprouvait la paysannerie comorienne à amorcer un processus de développement autonome.Lire la suite | Documents officiels à consulter | Son site Web
L'arrivée au pouvoir de Mohamed Taki: Mécanisme d'un paradoxe. Par Soulaïmane Soudjay (Docteur en Sciences Politiques. IEP d'Aix-en-Provence). Lire l'article
Né en 1949 à Moroni, Aboubacar Saïd Salim a fait des études supérieures en France (licence de Lettres modernes). Revenu aux Comores, il est professeur de français dans les collèges et lycées, et a même été récemment Conseiller principal d'Education au GSFA. Lire la suite
SAID Soilihi est linguiste et auteur de l'ouvrage: " Pratique de la conjugaison du comorien " chez les éditions kalamu des îles. Ntsoma signifie « instruction » dans le parler de la Grande Comore. Lire la suite |
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Mohamed Abdulkarim Taki (1939-1998)
L'élection de Mohamed Taki Abdoulkarim est un événement longtemps attendu par ses partisans comoriens tant de l'intérieur que de l'extérieur. Taki a une stature présidentielle convenable, l'élan qu'il faut pour assumer la charge suprême. Cette personnalité reste un mythe pour certains, un gêneur pour d'autres. Il parle peu, il déteste les bavards, il choisi ses termes pour rassembler à sa façon, il est intransigeant quand il s'agit d'affirmer ses convictions.
Mohamed Taki déroute, il surprend et agit beaucoup plus là où on attend pas qu'il intervienne. On a du mal à le suivre, à savoir ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas. Il n'aime pas les commérages, il a horreur des intrigues, dédaigne la mode et reste ce qu'il est avec ses costumes droits et ses pantalons à bretelles. Cet homme sait servir, il exige la cohérence et la patiente, mais sa tactique ne correspond parfois pas à la conjoncture. Taki sait rebondir au moment où il juge crucial, il prédit avec son franc parlé, il avertit, il prévoit, il cultive la patiente souvent
considérée comme une lâcheté par certains ou comme une peur par d'autres. Il prêche toujours le rassemblement, il insiste constamment sur l'intérêt capital de respecter les adversaires, il supporte les camps politiques dès lors que ceux ci deviennent bien distincts, il se méfie surtout des hommes politiques qui changent facilement de trajectoire ou de cap lorsqu'il subissent le moindre échec politique.
La stratégie politique de Mohamed Taki mobilise les énergies, inspire confiance aux gens, sans qu'il sollicite leur adhésion au combat qi'il mène souvent dans le silence. A chaque fois que l'on pense que son parcours politique est fini, c'est à ce moment là que les simples gens redoublent de combativité et d'espoir dans le soutien qu'il lui apportent. Taki n'est pas, lui même, en mesure d'expliquer l'origine de ce culte que lui vouent tant de Comoriens. Peut être que Mohamed Taki a un côté mystique caché que nul ne peut découvrir.
Aussitôt arrivé aux Comores, après avoir fini en France ses études d'ingénieur, il a affronté avec respect et fermeté Saïd Mohamed Cheikh, ancien président du Conseil de gouvernement à l'époque de l'autonomie interne. Taki a assuré la défense des jeunes cadres, nouvellement formés à Madagascar et en France, pour qu'ils soient mieux intégrés dans l'administration de l'ancien territoire d'outre-mer des Comores. En prononçant publiquement la fameuse phrase-critique "tsasi ridja", qui veut dire littéralement "nous voici arrivés", Taki a été nommé directeur des travaux publics de la subdivision administration d'Anjouan, mais il a été éloigné par le président Cheikh du centre du pouvoir. C'était en quelque sorte une punition, car à l'époque le réseau d'échange et de communication entre les îles n'était pas encore développé. A Anjouan, Mohamed Taki a bénéficié de la protection du sénateur Ahmed Abdallah. Taki a été considéré comme le premier "neveu" de "l'oncle" sénateur.
Plus on a confiance à un homme, plus il faut écouter ses conseils. Mohamed Taki a fait sienne cette maxime, il a accepté le proposition du président Cheikh de se lancer dans la politique. Taki a compris aussitôt que sa phrase-critique, prononcée à Mbeni (son village natal) à l'endroit de Cheikh, a été considéré comme un incident de parcours, donc pardonné par l'aîné, président du Conseil de Gouvernement. Jeune ingénieur placé à Anjouan, il a accompli un travail remarquable, en définissant le tracé des routes sur cette île montagneuse.
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