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LE NEC
   

M. Ahmadou MZE SOILIHI nous propose un article (qui n'engage que l'auteur) à propos de NEC (Nouvel Ensemble Comorien).

Le NEC, me semble t-il, est un instrument institutionnel qui aurait besoin d'une dimension politique forte pour espérer bâtir une nation comorienne forte, unie et solidaire

Les italiens disaient "Nous avons fait l'Italie, il faut faire les italiens". En 2004, Dominique Strauss Khan avait empruntée cette phrase italienne en ces termes « Nous avons fait l'Europe, Il faut faire maintenant des européens » Cette formule, dans le contexte politique comorien, peut nous inspirer matière à réfléchir, car l'Union des Comores, me semble t-il, est un instrument institutionnel qui aurait besoin d'une dimension politique forte pour espérer bâtir une nation comorienne forte et solidaire. Pour parapher l'Italien « nous avons fait l'Union des Comores, il faut faire maintenant les « neçois » Il existe des ingrédients pour cela, et parmi eux figurent quelques propositions politiques et sociales qui avaient été préconisés en 1975-1978, sous le régime révolutionnaire d'Ali SOILIHI. Celui-ci aurait compris, me semble t-il, qu'on ne pouvait pas bâtir un état sans le peuple qui le compose tout comme « on ne peut pas bâtir un état démocratique, sans demos, sans le peuple ». Y a t-il un citoyen « neçois » dans cette nouvelle configuration institutionnelle ? Quelle place occupe t-il dans ce nouvel ensemble comorien? Quels sont ses droits et ses devoirs ? Comment faire pour reconstruire une identité néçoise ou (comorienne) qui serait au dessus de toutes les identités villageoises, régionales ou îloises? 

I. Les citoyens comoriens ou « neçois » sont souvent des citoyens qui s'ignorent

Quand un peuple s'ignore et ne communique pas, il ne se comprend pas et se fait la guerre, entretien le séparatisme. Pour le cas des Comores, forte est de constater, malheureusement, que le « mgazidja » ignore le « mdzuani » et le « moili » et à plus forte raison le « mmaoré » et vice versa. On avance souvent l'idée selon laquelle on serait victime de notre situation géopolitique et insulaire. L'état insulaire de notre archipel ne facilite pas les choses, certes, mais n'existerait t-il pas d'autres raisons plus fortes ? Où faudrait-il s'investir pour identifier les autres raisons si elles existaient ? Des raisons purement structurelles et politique n'existeraient-elles pas, par exemple. Je pense à la difficulté de circulation maritime ou aérienne entre les îles entretenue par l'absence d'une politique volontariste dans le transport. L'état ne devrait-il pas, absolument, repenser sa politique de transport maritime, aérienne et routière pour faciliter la circulation à l'intérieur des îles et entre les îles qui composent notre archipel.

II. Des mesures pour les mutations du personnel de l'état

D'autres mesures existeraient évidemment, et je pense à la question des mutations des fonctionnaires et des militaires. A commencer par les fonctionnaires de la fonction publique, sans faire de distinction entre les fonctionnaires publics de l'union et ceux des îles. Ceci faciliterait le contact de la population encore une fois, le « métissage » par le mariage, la maîtrise des variantes de la langue comorienne et la solidarité entre les îles.

III. Quelques mesures sont possibles en matière d'enseignement et de formation

Au niveau de l'enseignement et la formation d'autres mesures sont nécessaires. Je pense, ici, à la création d'un système d'échange scolaire et universitaire entre les îles des Comores qu'on appellerait ESUIC. Ce système faciliterait les études, l'échange linguistique, et la solidarité entre les promotions. On pourrait instaurer une obligation pour chaque élève d'effectuer deux ans d'études dans l'une des lycées ou universités de l'île auxquelles on est pas originaire, avant la fin du cycle secondaire, qui serait dispensé par un diplôme de « bon citoyen de l'union des Comores », le BCUC. Ce diplôme remplacerait ou compléterait le devoir du service national qu'il serait mieux de créer les conditions de sa création et apporterait des points supplémentaires sur les concours de recrutement des fonctionnaires de l'état.De même la création des pôles de compétences universitaires ou de formations professionnelles dans chacune des îles permettraient aussi le rapprochement de la population comorienne et le développement d'une véritable amitié entre les îles.

Au niveau de l'histoire et la culture, il serait essentiel de créer des manuels scolaires d'enseignement de l'histoire, de la culture et de la langue comorienne et de toutes ses variantes selon les îles, il faudrait aussi renforcer les recherches scientifiques et culturelles au niveau du CNRS, centre national de recherche scientifique, en créant des pôles annexes sur les autres îles des Comores.

IV. La mise en place d'institutions politiques est nécessaire pour faire vivre l'idée d'identité « nécoise » ou comorienne .

1. Il faut lutter contre le séparatisme et penser à intégrer Mayotte 

Il est difficile d'imaginer qu'au sortir d'une crise profonde de séparatisme, les penseurs des institutions politiques de notre pays n'avaient pu imaginer l'idée d'une institution politique d'intégration, de solidarité et de lutte contre le séparatisme. Un grand ministère de l'union pour l'intégration, la solidarité, et contre le séparatisme pourrait très bien convenir ou bien créer une grande institution étatique de la même dimension. Mais, il existerait naturellement d'autres solutions, entre autre la création d'une commission parlementaire permanente qui ferait des propositions et voterait des lois nécessaires à la lutte contre le séparatisme, pour renforcer la solidarité entre les peuples, et favoriser l'intégration, notamment l'intégration de l'île comorienne de Mayotte. Pour cette dernière île, il est inacceptable qu'à ce jour il n'existerait aucune politique nationale de lutte contre l'occupation française. L'amitié qui nous lie à la France date de plusieurs années, 1841, et elle reste intacte malgré un contentieux, non des moindres, existant entre elle et les Comores à propos du statut actuel de Mayotte. Il est temps de léver le tabou sur cette question, et engager une discussion fraternelle avec la France pour trouver une solution à ce contentieux désagréable. Les accords mixtes franco-comorien qui seraient conclus le 4 et 5 avril 2005, en catimini, entre les autorités françaises et comoriennnes à Paris n'ont apporté ni plus ni moins que le durcissement de la volonté française d'occuper Mayotte, en échange de quelques euros pour le développement des autres îles. C'est la raison pour laquelle la conscience collective comorienne a réjeté en bloc ces accords qui sont qualifiés "d'accords de la honte" par la société civile comorienne

2. Il faut créer un conseil national de l'audiovisuel

Toujours pour les institutions politiques nécessaires pour renforcer l'identité comorienne, il serait essentiel de créer un conseil national supérieur de l'audiovisuel à la lumière de la CSA française, qui jouerait le rôle d'arbitre, de régulateur, et de contrôle des émissions radios et télévisuelles diffusées sur le territoire national et des articles des journaux de nature à compromettre l'identité et la cohésion nationale. La création d'un media audiovisuel public à vocation nationale contribuerait à distinguer ce caractère national du citoyen « neçois » ou comorien.

3. Il faut accroître la dimension comorienne des élections

Au niveau des élections des représentants du parlement de l'union, il serait nécessaire d'accroître la dimension comorienne de cette représentation nationale, en accordant quelques sièges, par exemple 30%, à des candidats qui seraient élus par toute la population comorienne. Il serait nécessaire dans cet ordre d'idée de favoriser la dimension nationale des parties politiques, en accordant des droits de vote supplémentaires ou de droit veto à la représentation politique de l'union qui aurait élu plusieurs candidats dans toutes les îles. De même, il faudrait favoriser les consultations nationales sur les grands enjeux de la nation, octroyer le droit de vote aux citoyens le l'union pour les élections législatives et présidentielles de leur pays de résidence.

C'est ainsi que nous pourrions véritablement renforcer le pouvoir de l'union et écarter tout esprit parisan de nature à encourager le séparatisme. Le séparatisme est un mal qu'il faut combattre par la racine et par des actions politiques concrêtes, et la moindre faille risquerait d'ouvrir la porte au nationaliste des îles et par-dessus tout à la haine raciale. Les députés de l'assemblée de l'union, les responsables politiques de l'union auraient alors un rôle moteur pour préserver l'unité nationale.

 

ahamadouHomme discrêt mais très patriote, Ahmadou MZE SOILIHI manifeste ses idées à travers l'écriture d'articles. Originaire de Koimbani OICHILI, marié et père d'1 enfant il fut un des rares lauréats scientifiques (BAC C) du pays de l'année 1989, année à la fin de laquelle le pays fut pris en otage par le mercenaire Bob DENARD après avoir assassiné le président ABDALLAH. Il fut un des organisateurs du soulèvement des lycéens contre les mercenaires en 1989 pour demander la libération du pays et l'organisation du baccalauréat. Après une année de sociologie à l'université Paris 8 en 1990, l'année suivante il a réjoins sa filière de prédilection à JUSSIEU où il est sorti diplômé d'un DEA de Physique appliquée à la microélectronique en 1998. Professionnellement, il est discrêtement Ingénieur de production informatique chez C.S, une SII Informatique. Dans le cadre de la société civile participa en 1997 à la fondation de l'Association EDICOF (Etudiant et diplômé Comorien en France) dont il fut le premier secrétaire jusqu'en 1999. Il est également membre du collectif Comores MasiwaMane, de Diascom. Au niveau local et régional il est très actif. Trésorier général d'une association vilageoise de son village natal, ACKE. Au sein de cette association, en collaboration avec DIASCOM, HSF et ESF il a participé activement, en tant que responsable régional du projet, à la préparation du projet d'adduction d'eau de la région d'oichili qui a obtenu un financement de l'Union Européenne à hauteur de 1019.000 euros, actuellement en cours de réalisation. Sur le plan politique son engagement est en cous de préparation, néamoins nous l'avons vu animer un des comités de soutien à la candidature de Caabi ELYACHRUTU en France lors des dernières éléctions de l'union de mai 2006.

 

 

 

PENSEE DU JOUR  

Chaque jour nous vous proposerons une citation, tirée de l'actualité politique, littéraire du pays ou des divers forums de discussion...Et chacun peut y contribuer, en nous envoyant un extrait ou une citation tirée d'une oeuvre comorienne.

botoBacar Ali Boto , l’un des rares hommes politiques mahorais à s’être prononcé contre la départementalisation.

" Quand on est contre, on est banni, c’est un sacrilège, mieux vaut pêcher, Dieu pardonnera, que s’opposer au département"

Le statut de département fait figure de Graal à atteindre coûte que coûte - un Graal qui permet souvent aux élus de se dédouaner de leurs insuffisances et de détourner l’attention des électeurs, le journaliste Rémi Carayol

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