NGAZIDJA L'A ÉCHAPPÉ BELLE
MAIS LES POLITIQUES CORROMPUS COURENT TOUJOURS
Il se murmure dans tous les bangwes de Ngazidja que lorsqu'un homme accède à de hautes fonctions politiques, sa fortune personnelle et celle de sa famille sont assurées pendant plusieurs années. Et pourtant malgré l'apprentissage de la démocratie, les Comoriens, n'ont toujours pas pris conscience de leur pouvoir d'intervention dans la vie publique. Ne peuvent-ils pas, à condition de s'unir, écarter de la scène politique du pays, les hommes politiques reconnus ou déclarés corrompus ?
A l'heure où certains pays, minés par les affaires et la corruption, à l'instar du Nigeria et de la Corée du Sud, pour ne citer que ces deux grands pays, mènent des combats farouches contre les hommes politiques corrompus, les Comores s'apprêtent toujours à élire un homme déjà corrompu ou reconnu comme tel.
Le 24 juin 2007, des élections ont eu lieu aux Comores, celles des présidents autonomes des îles. A Ngazidja, deux hommes jusque-là inconnus du monde sulfureux des affaires, arrivent en tête du premier tour du scrutin. Deux juristes de formation : l'un a déjà occupé de hautes fonctions politiques, plusieurs fois ministres, magistrat, et intègre. Le second est avocat, non pas au pays dont il espérait devenir le maître mais à la Réunion, son île d'adoption, où il y vivait depuis fort longtemps et où il y travaillait. Est-il intègre ? Aux Comores, oui ! Puisqu'il n'y a jamais occupé un poste ministériel ni accédé à de hautes fonctions de l'Etat. Même s'il se murmurait des choses dont les comoriens avaient le secret, son intégrité ne souffrait d'aucunes égratignures. Cependant, il perdra les élections. Désappointé, il rentre chez lui, là-bas, à la Réunion, retrouver sa famille, ses amis et son travail.
Ngazidja l'a échappé belle
Le 27 juillet 2007, un mois après avoir perdu sa seconde participation à une élection présidentielle, notre candidat malheureux se fait rattraper par le fisc de son pays. Rappelez-vous, qu'il a deux pays : le premier, celui de ses origines, est un pays pauvre qu'il comptait d'ailleurs sortir du chaos, d'aucuns diront, en lui empruntant quelques dizaines de millions de francs comoriens, et l'autre, un pays riche, tellement riche qu'il ne prête qu'aux riches, mais qui a un Etat qui fonctionne et qui n'oublie pas de rappeler à l'ordre…Ceux qui voudront lui voler.
Alors, notre avocat qui a omis d'être « réglo » avec son pays devra payer cher cette légèreté. Et comment compte-t-il payer cette somme ? 200 000 euros ! C'est la même somme que doit s'acquitter notre cher Villepin pour avoir voulu salir un ami à lui, qui est devenu aujourd'hui, président d'une République. Mais lui, il ne peut pas payer. Il n'a pas l'argent.
Donc, je disais que Ngazidja l'a échappé belle. Car, notre cher avocat, en se portant candidat à la présidence de Ngazidja, en mettant des moyens hollywoodiens, et sachant que le fisc de son pays d'adoption lui réclamait plus de 200 000 euros, ne peut-on pas penser, qu'une fois élu, sa première mission serait de se sortir de ce piège infernal, en puisant dans les deniers de la présidence ? Aujourd'hui, pas de présidence, donc, pas de gage pour le fisc. Il faut rembourser, maintenant.
Voilà une petite leçon de démocratie.
N'est-il pas temps, aujourd'hui, de prendre des mesures pour contrer toute candidature à risque ? Des associations civiques ou une sorte de coalition des citoyens pour la justice économique doivent voir le jour pour commencer à établir une liste noire des candidats « indésirables », des politiques corrompus et de toute personne qui aura violé les lois électorales.
Mais le chemin reste long, et le peuple comorien est maître de son destin. Lui seul peut porter un coup fatal aux politiciens véreux .

