LES ARCHIVES DE MOHAMED ABDULHAMIDE
Ministre d'Etat au Développement rural

Office des Examens et Concours

Proviseur Lycée Said Mohamed Cheikh
Directeur général des Enseignements.

DEVELOPPEMENT RURAL

 

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NOM DU PROJET : DEVELOPPEMENT D'UNE PECHERIE SEMI INDUSTRIELLE AUX COMORES

 

DEMANDEUR : UNION DES COMORES

MINISTERE DU DEVELOPPEMENT RURAL

OPERATEUR : OPERATEURS ECONOMIQUES LOCAUX

LOCALISATION : GRANDE COMORE ANJOUAN ET MOHELI

OPERATEURS FINANCIERS : A RECHERCHER

Durée : 5 ans

DESCRIPTION SUCCINTE

Ce projet vise l'augmentation de la production par l'amélioration et le renforcement de l'outil de production actuellement très modeste et la promotion des moyens de conservation/transformation d'une part, et le développement de la collecte et la commercialisation du poisson d'autre part.

•  I. GENERALITES ET CONTEXTE .

I.1. Généralités

La pêche occupe une faible place dans l'économie, alors que le secteur pêche totalise 350 Km de côtes pour un plateau continental de 900km² soit 90.000 ha.

La ZEE atteint une superficie de 160.000 km².

La pêche aux Comores est de nature essentiellement artisanale et repartie tout le long des côtes au niveau de nombreux villages des pêcheurs. Les moyens de pêche utilisés sont essentiellement la palangrotte au niveau du plateau côtier très réduit et sur exploité et la pêche à la traîne dans les zones du dispositif de concentration de poisson (DCP).

Les poissons débarqués sont constitués des diverses espèces de récifs (souvent de petite taille du fait de la surexploitation de la richesse côtière) soit de grands poissons pélagiques comme les thons, les espadons, les carrangues, les requins qui représentent les plus gros de débarquement de pêche.

Les poissons sont vendus directement soit par les pêcheurs à Anjouan soit pris en charge lors des débarquements par des femmes qui assurent la commercialisation.

Le poisson est vendu directement sur la plage ou au niveau des marchés des villages en l'état sans aucun moyen de conservation. Sa qualité s'altère très rapidement et le poisson non vendu est perdu.

Les évaluations faites en Union des Comores donnent un effectif de 4000 embarcations pour 8 000 pêcheurs traditionnels dotés de matériels et moyens limités . La production en 1985 a été estimée à 6 000 tonnes. Après l'intervention des différents programmes pendant ces deux dernières décennies cette production est évaluée aujourd'hui à 16000 tonnes.

En outre, il existe un problème aigu de commercialisation dû à l'absence d'un système de collecte et de distribution organisée la plupart des captures sont vendue dans les zones côtières ou consommée par la famille du pêcheur.

I.2. Contexte

La pêche traditionnelle utilise des pirogues à balancier galawa, simple ou double. La grande majorité des pirogues se manœuvre à la pagaie ce qui limite les zones de pêche exploitées aux abords immédiats des plages, villages ou point de débarquement. Les techniques de pêche sont dominées par la ligne à main (palangrotte) et l'usage peu courant et non maîtrisé des filets maillants.

L'environnement côtier est menace avec le ramassage de coquillage, prélèvement du sable marin et des coraux…Aujourd'hui, des changements très rapides provoquent des transformations dont

Une diminution du nombre de galawa dans ces zones côtières doit être encouragée par une orientation progressive des pêcheurs au large pour pêcher les espèces pélagiques thons, marlins, bonites, très abondants.

Il faut soutenir le programme de:

- pose des Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP) au large des villages de pêcheurs,

- l'arrêt de certains pratiques de pêche tels que la pêche aux explosifs, l'usage des feuilles vénéneuses (ou poison) à marée basse,

- l'arrêt de prélèvements abusifs du sable marin, des coraux.. A cet égard, la législation qui vient d'être élaborée devrait être mise en oeuvre

- La vente du poisson frais est très limitée à l'intérieur du pays malgré un réseau routier existant dans les îles. Il n'existe pas de moyens de transport approprié pour les produits de la pêche. Les pêcheurs rencontrent des difficultés à faire transporter leur produit en même temps que les passagers. Pour la Gde Comore, ce sont les femmes des pêcheurs qui jouent l'intermédiaire entre le pêcheur et la revendeuse au marché. On observe, aussi, au débarquement, une grande variation de prix de la plage jusqu'au consommateur. Cela est du à l'existence de plusieurs intermédiaires, dans les circuits de commercialisation. Pour Anjouan, il n'y a pas d'intermédiaire c'est le pêcheur même qui s'occupe de la vente de son produit ou c'est une vente directe de la production en gros à un marchand. Les prix varient durant l'année en fonction de la disponibilité du poisson. Les mauvaises conditions atmosphériques ou l'absence saisonnière des espèces migratrices, entraînent la montée des prix.

Le pêcheur n'a aucun moyen de stockage pour conserver son poisson en période d'abondance. Cette situation affecte la qualité du poisson. Les faibles moyens de conservation existant limitent la commercialisation du poisson frais dans les centres urbains. La population rurale, plus nombreuse, n'est presque pas concernée par la vente du poisson frais. Les difficultés de la commercialisation du poisson frais sont tributaires d'un équipement adéquat mais surtout du manque d'organisation du marché. Les prix grimpent fortement en cas de faible production, s'effondrent en cas de surproduction ne permettant pas aux pêcheurs de recevoir la juste récompense de leur travail. Cette évolution en dents de scie n'est donc pas favorable aux consommateurs encore moins aux pêcheurs.

La commercialisation des produits de la mer doit obéir à une réglementation (respect des règles d'hygiène et qualité des produits) garantissant la sécurité des consommateurs. Elle comprend toutes les opérations qu'implique le mouvement du poisson depuis le débarquement jusqu'à la consommation finale.

Ces conditions d'hygiène sont à mettre en exergue depuis la production jusqu'à la consommation. Les agents qui interviennent dans le circuit doivent être encadrés.

A la lumière de ce qui précède, il apparaît nécessaire d'organiser la filière par une amélioration des outils de production, par l'organisation de la collecte et la mise en place des moyens de conservation, assurer une meilleure distribution dans les zones rurales et urbaines et envisager éventuellement une exportation du surplus.

En conséquence, l'Union des Comores sollicite l'appui de ses partenaires en vue de développer la filière pêche, par le renforcement de ses capacités nationales, la valorisation des zones encore sous-exploitées, une meilleure restructuration des opérateurs économiques intervenant dans la filière, la mise à disposition des produits de qualité aux consommateurs et enfin, l'amélioration de la contribution du secteur dans l'économie nationale.

•  II. OBJECTIF DU FINANCEMENT

Le secteur de la pêche fait actuellement face à plusieurs contraintes socio-économiques qui déterminent la faible contribution du secteur à l'économie nationale

•  Un milieu rural présentant des déséquilibres alimentaires importants

•  Des groupements de pêcheurs non organisés et non structurés

•  Un faible niveau d'instruction des pêcheurs

•  Un revenu par pêcheur extrêmement instable

•  Une pêche artisanale orientée sur l'autoconsommation

•  Une faible participation du secteur privé dans les activités de la pêche

- Un manque d'infrastructures de base et des services d'appoint et d'appui

dans le secteur.

En outre, le Gouvernement comorien doit faire face à un accroissement rapide du nombre des jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail ainsi qu'à la diminution des capacités d'absorption de la main d'œuvre rurale et urbaine.

Le secteur de la pêche offre d'énormes possibilités compte tenu de son impact socio-économique au niveau de la création d'emplois connexes repartis en amont et en aval de l'activité et aura un impact direct sur le niveau de vie et sur le bien être de la population.

L'apport d'un financement dans le secteur et plus particulièrement dans l'introduction d'une nouvelle pêcherie permettra d'aboutir à terme à une augmentation de la production pour les besoins en protéines animales et à une gestion décentralisée, viable et durable des centres d'approvisionnement et des services gérés par les groupements des communautés des pêcheurs et/ou les opérateurs économiques.

Le Gouvernement Comorien traversant une crise financière ne peut pas faire face à la réalisation d'un tel programme de développement de la pêche et sollicite donc un financement pour appuyer des opérateurs économiques locaux et/ou des groupements des pêcheurs en collaboration avec le Ministère du Développement Rural en charge de la pêche en vue de mettre en œuvre le projet intitulé «  Développement d'une Pêcherie Semi Industrielle aux Comores  »

Le financement interviendra dans les domaines suivants : 

- Achat de Palangriers

•  Promotion de techniques appropriées de production, transformation, conservation visant à améliorer la disponibilité en poisson frais et traité

•  Fourniture des glacières isothermes portatives

•  Achat de véhicules frigorifiques

•  Installation de chambres froides et machines à Glace dans le 3 Iles.

•  Création dans les trois îles d'un circuit d'approvisionnement en glace et de collecte du poisson.

•  Stockage du poisson frais dans les entrepôts frigorifiques qui seront installés par le projet dans les trois Iles.

•  Vente du poisson frais à des commerçants grossistes privés.

•  Disponibilité d'un Fond de Roulement

•  Exploration des possibilités d'exportation

•  III. OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT

Le projet vise :

•  l'augmentation de la production des poissons pour satisfaire la demande croissante en protéine animale, et relancer l'économie nationale ;

•  l'amélioration de l'outil de production actuellement très archaïque ;

•  le développement d'une pêcherie côtière capable d'exploiter les ressources pélagiques océaniques des eaux du large qui représente une des opportunités de développement du pays et la promotion des moyens traditionnels de conservation.

•  Objectifs qualitatifs.

Les principaux résultats attendus sont :

•  l'augmentation de la quantité annuelle de poissons pêchés en substitution des importations et mise en place d'une meilleure distribution de cette ressource auprès de la population ;

•  la satisfaction des besoins en matériels et équipements de pêche ;

•  la modernisation des activités par l'introduction des nouvelles techniques de pêche.

•  L'amélioration de la qualité de poissons pêchés .

•  Objectifs immédiats

Les effets directs qui seront générés par le projet sont les suivants :

•  A partir d'opération de pêche commerciale dans les eaux du large, des données concrètes sur la nouvelle pêcherie, financière, économique et technique, seront obtenues et mises à la disposition du Ministère du Développement Rural qui aura la capacité de prendre des décisions appropriées au sujet des investissements et des politiques de gestion requise pour le développement de la nouvelle activité ;

•  La faisabilité financière et les besoins techniques de la nouvelle pêcherie seront concrètement démontrés aux groupements des pêches locaux qui, pourront assurer la pérennisation des actions entreprises. ;

•  Cette faisabilité financière ainsi que les besoins techniques seront aussi concrètement démontrés aux pêcheurs, ceci provoquant leurs intérêts dans la nouvelle technologie, permettant leur formation sur le tas dans les pratiques et son application et, finalement, leur transférant la capacité d'exécuter la commercialisation du poisson frais et traité.

•  Améliorer le technique de conservation /transformation sous glace

•  Assurer une meilleure distribution des produits de la mer et mise à la disposition des consommateurs des produits de qualité

•  Actions envisagées.

•  Mettre au point des systèmes de collecte et ramassage des captures dans les villages les plus isolés, en particulier à Anjouan et Mohéli ou il n'y a pas de Watchouzi ; (Maraiyeur)

•  Aider les groupements des pêcheurs et/ou opérateurs économiques en favorisant la structuration des opérations de commercialisation (aide technique + formation en gestion)

•  Favoriser la libéralisation des prix ;

•  Evaluer les possibilités d'optimiser les potentialités des circuits traditionnels avant de leur substituer de nouveaux circuits

•  Favoriser la création de poissonneries par l'amélioration des conditions liées à l'hygiène et la qualité des produits.

•  Cibler les méthodes de pêche appropriées et la mise en place d'une approche structurée.

•  Diversifier les techniques de pêche et diminution des risques de surexploitation

•  Exploiter des espèces pélagiques océaniques (thons, marins, bonites, etc…) actuellement peu exploitées au large et autour des DCP. Les pêcheurs exploitent les fonds de 150m à 350 m actuellement peu exploités pour pêcher une catégorie de poissons comme les vivaneaux rouges, les mérous très prisés.

•  Résultats attendus .

Au moment de sa finalisation, le projet aura atteint les résultats suivants :

•  Un effort total de pêche commerciale d'environ 250 jours/an dans les eaux du large qui, à son tour, produira les résultats indiqués ci-dessous ;

•  La production et la vente sur le marché interne d'une certaine quantité de poissons pélagiques océaniques, indéfinissable à ce jour mais qui, probablement, pourrait se situer aux alentours de 2 500 tonnes/ jours ;

•  Une information financière et technique qui servira de base à une étude de faisabilité financière, économique et technique de la nouvelle pêcherie, avec identification des besoins d'investissement pour son développement ;

•  Une information halieutique qui permettra une évaluation préliminaire des ressources pélagiques océaniques dans un rayon d'environ 50 km autour de l'Archipel avec identification de leurs capacités de production approximative et des mesures à envisager pour la gestion de leur exploitation ;

•  Un ensemble de rapports mensuels financiers et techniques, avec extraits des journaux et cartes de pêche, qui sera distribué aux groupements de pêcheurs, et institutions concernées par les pêcheries ;

•  Une émergence d'opérateurs économiques locaux dans la filière

•  La participation de la filière dans la lutte contre la pauvreté

•  Une disponibilité et un meilleur circuit de distribution du produit

•  Une stabilisation du prix du produit sur le marché

•  Une gestion décentralisée, viable et durable des activités

•  Risques

A priori, aucun risque n'est à redouter pour le financement d'un tel projet.

 

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