Interview de Ralia Abdou, directrice de la coopération décentralisée au sein du gouvernement de Ngazidja.
Vous venez d'être nommée directrice de la coopération décentralisée au sein du gouvernement de Ngazidja, pour quelles perspectives ce poste est créé?
Il est le résultat de la volonté des nouvelles institutions de l'Union des Comores. Elles ont consacré la volonté des îles d'être autonomes à l'intérieur de la nation, et de pouvoir mener une coopération avec les entités locales des pays entretenant des relations avec l'Union. Cette appellation de « coopération décentralisée », entre dans le cadre d'une politique étrangère unique et cohérente.
Comment expliquez-vous cette création tardive par rapport aux autres îles?
En réalité le cadre organique du ministère de l'économie et des finances, chargé de la coopération décentralisée, des postes et télécommunications de l'île autonome de Ngazidja, a prévu en son sein cette direction. Seulement la situation conflictuelle qui a prévalu aux Comores ces dernières années ne permettaient pas de faire fonctionner une telle direction, aussi bien sur le plan politique qu'au niveau des ressources.
Vous n'ignorez pas le climat parfois difficile entre le gouvernement de Ngazidja et celui de l'Union, vous ne voyez pas avec cette direction un risque de diplomatie parallèle?
Je pense que la décision du président Elbak, de nommer à ce poste une personne issue de la deuxième génération de la diaspora, résulte d'une volonté manifeste d'une nouvelle approche loin des passions dans un climat apaisé.
Quelles relations prioritaires le gouvernement de Ngazidja devrait-il envisager dans le court et moyen terme?
En ce qui concerne ma mission, les priorités sont :
- formaliser les relations avec le ministère des affaires étrangères de l'union ;
- promouvoir le plan de développement local de Ngazidja initié par le plan et les ONG locales ;
- mettre en oeuvre les accords déjà signés comme ceux de la région PACA et SHARDJA
- rendre viables les actions de co-développement initiées par la coopération française, avec le soutien et le dynamisme des associations issues de la diaspora ;
-développer la coopération internationale en direction des pays francophones, les pays arabes et ceux de la COMESA.
En décembre 2004, le président Elbak a signé un accord de coopération avec la région paca, y a-t-il déjà eu des premières mesures?
En moins de 6 mois après la signature de ces accords, on peut dire que les choses avancent de façon satisfaisante, dans la mesure où les équipes techniques des deux institutions se sont réunies à deux reprises, une fois à Moroni et une autre fois à Marseille. Une matrice des actions à mener est en phase de finalisation. J'espère que les premières mesures seront mises en place d'ici à la fin de l'année, avec la perspective que Michel Vauzelle, le président de la région PACA, se rendra aux Comores à cette occasion, pour répondre à l'invitation du président Elbak lors de la signature des accords.
Propos recueillis par A.M/Kweli n° 6 - juin-2005
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