BIENVENUE A IKONI DJABAL
Découvrez la ville d'Ikoni comme vous ne l'avez jamais imaginée, avec ses minarets, ses palais royaux, ses lacs, ses plages en corail, ses marchés aux belles poissonnières, à travers ses diverses activités culturelles et artistiques qui font d'elle la ville la plus attractive, enfin, son histoire ancienne et récente, emprunte d'héroïsme et d'humanité.
SENTENCES .
On ne dira jamais assez que le verbe mène à tout. Il fut premier, donc commencement donc renoncement, donc exécution capitale d’un silence, quelque part…Et voilà du haut d’un djabal où des madones pures s’en sont allées narguer des pirates, privilège immense a été donné à un martyrologue du langage, pour flinguer des assaillants de l’imaginaire. So, darbini, je suis devenu et…. Ikra’u bi ismi komoria….
Sadani
Les enfants de Salim Hatubou
Entre nous, si je devais boire un coup voire faire un coup avec Salim ou Saindoune, j' serais vraiment emmerdé, mais je ferais sûrement plus qu'un coup, mais 100 avec Saindoune...Pourtant, j'vais vous entretenir de l'histoire du monde, du monde mythique et légendaire des Comores, par Salim Hatubou!
Big up, man et moult kisses à Mwadamu ne mwana !
Vladimir Propp, un type qu'était pas propre tout le temps, précurseur du structuralisme, a étudié ze hale za he duniya pour arriver à une forme de fixation irréversible. Les contes obéissent au même schéma narratif et aussi erratique dans les langues qu'ils sont, ils aboutissent à la même finalité moraliste. C’est recta comme une gastro-entérite.
Salim doit être un adepte de Propp, sa grand-mère à Salim aussi.
Why?
Dans ses études à monsieur Propp, le conte a été tellement disséqué, qu'on a isolé un élément de sa théorie, qu'on enseigne aux enfants et ils appellent ça, le conte étiologique ou le conte du pourquoi/comment ou bien encore, le conte des origines. Comment les clébards sont devenus des aboyeurs. Pourquoi les antilopes dansent en pleurant. Pourquoi les hérons mangent en héronnant (ça n'existe pas le verbe ), pourquoi la tortue nargue les squales avec sa carapace, pourquoi les filles boudent tout le temps et pourquoi moi, je les aime boudeuses.
Prenant appui sur un corpus de contes comodo, Hatubou a intitulé un joyau de tendresse textuelle et d'inventivité discursive « Aux origines du monde » et ce monde c'est not' bled Kum'r, Djaz'r L'komor, les îles de la lune pour les pouet pouet et Comores pour les politiciens.
Aux origines du monde de Salim Hatubou, ne peut que ramener les plus « anciens » d'entre nous, à la délicieuse attente de la tombée de la nuit, lorsque les djinns guettent des ébènes charnus ou des chaires lestes de femmes en quête d'amants, à des heures indues.
Nous, enfants, nous nous mettions en cercle autour de COCO Mhaza hau Mdjahazi et on se laissait étreindre par des histoires de princesse aux cheveux d'échelle ou Mna Madi ridiculisant les plus grands. Quelquefois, on frissonnait sur la mélodie inquiétante des chants de paons, reprochant à l'innocence d'avoir dérespecté les parents.
J'adore les contes, qui, animés d'un chouia de poésie tracent les frontières positives de not' comorienneté et deviennent passeurs universels pour avoir dit ce que les enfants voient de par le monde.
Un conte c'est pour les esprits en devenir !
Un jour les diables nous ont crée l'ECLIPSE. Un conte exquis pour les païens, ceux qui s'font iech pour comprendre le lien entre le dogme, la science et la métaphysique. C’est cool et plausible. Le conte est à la page 100 et noircit à moitié la page 1001!
En le parcourant, y me revient alors, que lorsque le ciel change de visage et que la nuit portée par le soleil fait sombrer le jour, dans la colère d'ALLAH, ce dernier guidait les pas de nos pères vers les mosquées, et une procession de femmes vers la mer, allait implorer du jour, qu'il brisât les haleurs de la nuit. La lune bouffait le soleil et le soleil n'en faisait qu'à sa tête, car un jour ce sera son tour, le soleil festoiera d'une lune.
Nous les enfants, on allait jouer sur la plage et le lendemain, on partait à l'école, car le pacte de nos pères avec le diable, à la limite ne concerne que nos mères. Un conte sur la déloyauté!
Je kiffe les étoiles. Une étoile, c'est entre l'éblouissement et la mort subite.
Comment sont donc nées les étoiles?
Ici, l'excellence de l'imagination déborde sur une générosité mal contrôlée et il en naît tant d'étoiles que ça m'énerve, bikoz, pour une gonzesse, les querelles, l'envie, la jalousie brisent en réalité le caractère sociopolitique qui est de trouver une solution à un problème. La morale de ce conte n'est pas une fin à la division, par la multiplication des étoiles. En multipliant les princesses-étoiles, les princes se feront rois, les rois sûrement des dieux, les valets des gros cons, car chacun aura une princesse et les princesses sont voraces.
En tout cas, le conte démonte et on n'est pas prêt de quitter notre merde.
Les fous seuls ont le droit d'aimer les étoiles!
Dans le genre palabre, mensonges et mauvaise foi, le conte du chien et du chat, puis du chat et du rat. Des p'tits bijoux de délectation...
Il y a dans chaque conte de Hatubou, une double ou triple lecture à faire, mais bon, dans sa douceur de dire, on remarquera que l'aspect ludo éducatif entre le langage et les choses.
Le mythe des origines ne doit pas que reformuler; il se doit aussi de revendiquer non pas l'exacte situation d'imaginaire entre Gougaud et les frères Grimm, mais la pose linguistique, la trace esthétique, qui est l'oralité fracassante des mots, contre une écriture orale, qui dit, mais ne bouscule, qui pense mais ne soulève et qui accorde au texte le privilège de la dictature.
Pour revenir aux étoiles, elles ne devaient pas se multiplier, seulement mourir tout le temps, pour que brillent des nouvelles étoiles. M'enfin, voici la construction de l'univers bantu dans un astucieux inventaire, entre les animaux, les choses, les hommes, les mots, à travers lequel, prennent forme le bled Komor et le type comorien.
Cette littérature qui peut être belle, lorsqu'elle accomplit sa dimension socioculturelle et structurante, dans les limites de ses propres frontières et du coup renferme dans les formes expressives de sa diversité, les itérations appauvrissant des adeptes du fashion writing, est désormais en voie de garage, sauf pour les adeptes du « tapinage ».
On tapine en littérature comme le fit, y a un bail, un actuel ambassadeur chez les Yankees, pour faire comme, pour se faire voir ou pour s'onaniser à pleine encre, dans les dortoirs malgaches ou devant les machines célibataires mal acquises des exils alimentaires.
Y fut ce temps, où l'on nous disait, d'éditer même de la merde, car les pis de la vache éditoriale étaient pleines de bonnes intentions envers la ruche comodo; et on a publié et on a copié et des crétins à bagout ont pollué des parchemins et ces gars, ceux qui mettent leurs pas dans les sillons de Salim, les enfants de Salim Hatubou, ceux qui connaissent les contes mais écrivent des vers pas luisants, des textes en vers suintant le sperme spirituel et le labeur , laborieux poètes qui s'efforcent d'avoir avant d'être, ne font pas de la littérature, mais s'enferment dans les frontières lectorales, l'exigüité amatrice et masturbatoire pour pudibondes aux clitoris fermés comme des pouèmes sans effet: J' vous livre quelques bâtardises glanées çi-et-là, ahurissantes de vacuité.
Florilèges:
« Un samedi, d'une matinée très noire
Matinée très sombrée que le soir »
« Ton étoile brillait dans un long sombre méconnu
Mais dans la coulisse, le très haut t'avait bien retenu »
Bon, à quoi ça sert de se décarcasser pour en arriver là?
Puis,
« Rien que pour sentir ton odeur inconnue
qui fait me frémir les narines »
Exhalaisons putrides dans le clair obscur des langues inconnues !
« C’est l'enveloppement d'un ciel du soir
autour des épaules de l'horizon »
Bonjour le portefaix et des djinns sûrement qu'en ont marre de supporter ça, après que Baudelaire eut décrit son spleen ,« lorsque le ciel bas et lourd, pèse comme un couvercle »
Et çui-ci
« Quand les docteurs m’ont prévenus
Que la mort allait arrivée
Comme un visiteur imprévu »
Crève!
« Intense village de propreté. »
Vive le choléra !
Le pompon ou la palme revient à ce trobopouème,
« Combien j’aime ton cœur !
Hymne aucun malheur.
Et je te médite.
Rose qui me mérite.
Intègre belle Ange.
Elevée dès bas âges. »
Et qui vivra pas longtemps à travers la mémoire des mots, mon pote!
Et dans le registre de la langue Ndjizi, émasculée mais prête à toute tentative de coït abject, voici la poésie hissée à des hauteurs combattantes,
« Nawusilamu de dini yanyu yaki wuwanzdani
Yikawo de mwayirithi nawaze waki aswili
Nacomori de makazi mema yanyu ya athari »
' Faut dépasser la morale, les amis ! Rehausser les valeurs esthétiques. Zigouiller les enfants de Salim Hatubou, réveiller les frondeurs à arbalètes des lexiques barbares pour régler des comptes et imposer des textes-tornades sur la scène d'un pays et illuminer enfin l' bled. Ce naufragé a besoin d'une autre musique pour sourire en quatrième de couverture. Une musique ayant la mélancolie du jazz, la violence du Rap et le rythme marin de Perse, pour une phrase Jazzraperse!
Pour revenir aux étoiles, elles ne doivent pas se multiplier, y a des naissances en écriture à IVGISER, car nous avons d'autres soucis que la pensée homogénéisatrice, qui obstrue le souffle des identités nouvelles!
Y a que les fous qu'ont droit à la parole, pour raconter les étoiles!
Verdict : Bon à lire, Aux Origines du monde de Salim
Sentence : Tuez les poètes de Mwezinet !
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