L'UTILITÉ DES BANGWES
Le Bangwe est une aire polyvalente qui revêt un triple usages : social, culturel et politique.
1 Usage social
Dans la tradition comorienne, un espace publique est conçu comme lieu sacré que chaque habitant doit protéger comme il protège la prunelle de ses yeux. C'est un concept social où s'organisent les rencontres importantes villageoises, c'est un lieu d'information, de visite, de consultation et de décision.
Lors des grandes organisations attrait à la société (festivités et cérémonies coutumières) le bangwe joue un rôle de premier nécessité une fois que tout doit passer par-là avant d'être divulguer et mettre en pratique. Les différentes phases du Grand mariage sont analysées et étudiées par les sages sur le Bangwe où se font encore les partages des biens sociaux.
2 Usage culturel
A l'usage culturel, le Bangwe constitue un lieu de défoulement où hommes, femmes et jeunes viennent se distraire par les différentes manifestations qui y ont toujours lieu.
Culturellement, sur le Bangwe s'organisent plusieurs manifestations liées à des occasions bien précises :
Le grand mariage à la Grande-Comore
A l'occasion du grand mariage, diverses danses y sont organisées en vue de célébrer cet événement capital et indispensable pour le Comorien quête d'un statut social fiable et pour pouvoir jouir de la parole sur la place publique. A cette circonstance, du mercredi au dimanche, la place publique s'anime jours et nuits. Des danses de toute sorte s'enchaînent pour marquer cette circonstance.
Naissance de Mahomet
Durant tout le mois de Maoulide, toute activité culturelle est interdite. Seules les manifestations à caractères religieuses sont autorisées. Ceci pour honorer le mois de la naissance du Prophète Mohamed. Dans toutes les villes et villages, les habitants organisent des cérémonies religieuses ( Maoulid) au cours desquelles sont lus des textes qui relatent la biographie de Mohammad . Un imam explique la biographie du prophète. Seuls les hommes puissent avoir accès à cette cérémonie qui s'organise principalement la nuit sur la place publique et à la mosquée en cas de mauvais temps. Les femmes quant à elles peuvent l'organiser indépendamment des hommes dans leurs mosquées. On organise également les madjilis un événement qui conote la culture et la religion
En cas de calamité naturelle
Souvent des grands théologiens rêvent qu'une épidémie ou un malheur s'est abattue dans la ville et le lendemain après la prière, ils ordonnent d'organiser une prière collective pour que Dieu épargne les habitants de la malédiction. Et c'est sur la place publique que la cérémonie a lieu avec l'invitation de tout les habitants. Les femmes toutes voilées viennent et restent dans les alentours.
Il arrive néanmoins que les jeunes soient autorisés d'y organiser pendant la nuit, une danse populaire (sambe ou Igoma) en vue de fêter un événement survenu et non programmé dans les cérémonies coutumières : réussite au BAC, victoire d'une équipe villageoise ou à l'occasion d'une cérémonie mondaine.
Article proposé par Dr Saïd Soilihi, linguiste comorien.


