BIENVENUE A IKONI DJABAL
Découvrez la ville d'Ikoni comme vous ne l'avez jamais imaginée, avec ses minarets, ses palais royaux, ses lacs, ses plages en corail, ses marchés aux belles poissonnières, à travers ses diverses activités culturelles et artistiques qui font d'elle la ville la plus attractive, enfin, son histoire ancienne et récente, emprunte d'héroïsme et d'humanité.
Découvrez, Ma ville natale, un poème de M. Abderemane Said Bacar.
DECOUVREZ LES VILLES ET VILLAGES DES COMORES
E |
Q |
U |
USTÂDH AHMADA IBRAHIM, REPOSE-TOI EN PAIX.
Pourquoi ton ultime heure nous est apparue traîtresse ? Traîtresse, car elle ne nous a pas avertis. Oui, c'est un « shirkh » de dire cela mais, ce n'est pas Dieu que j'accuse, c'est plutôt l'Heure. Donc, mes excuses au bon Dieu, créateur des cieux et des terres et des heures. Ton heure ne nous a pas été si gentille. Ton heure nous a agencé un sale coup. La ville d'Ikoni a perdu, la ville d'Ikoni est endeuillée, la ville d'Ikoni est plongée dans la sombre. Ce n'est pas uniquement la ville d'Ikoni. C’est aussi nos petites îles car, tu faisais des bonnes marches de grand savant, Ustâdh.
Alors, comme dans la religion mahométane « le décès d'un seul « aalim » est grave qu'une perte de milles âmes croyantes », je pleure pour Ikoni et je pleure pour mon pays natal, les Comores. Je pleure pour les musulmans du monde. « Washilééé », un enfant cher de notre terre nous a quittés à jamais.
Ahmada IBRAHIM dont les autres disent Ahmada Simba. Simba, surnom de ton père, paix en ton âme. Tu as planté les bons arbres qu'il faut planter dans ce monde et qui donneront de l’ombre et des bons fruits, lors de notre audience finale. Je sais que certains vont ignorer la raison de mes pleurs pour toi. Ce n’est pas de leur faute, mais nous deux et peut être avec certaines têtes le savons. Mon professeur, mon grand frère...je n'ai pas oublié. Permets moi de révéler le secret que j'avais caché et même s’il n'avait aucune raison d'être caché.
D'abord, je n'ai pas oublié, le début de notre sympathie. Un jour, un petit voyou, habillé en short et chemise, à manches courtes est débarqué sur ton salon d'ici monde. Avec la peur que cet imâm bien instruit en Arabie, aille le chasser dehors. Non, ce n'était pas ça. Tu as su l’écouter avec attention. Le petit garçon, à la carrure d'un petit voyou était, celui qui tient cette plume à cette heure-ci et qui pleure aussi de ta disparition, avec ses phrases. Auprès de toi, j'ai exposé mes voeux. Je me rappelle de ce que tu as dis Al-imâm : « Mgu ngudjo ri ninka taufik insha adhwahu » et mon petit frère, sois toujours patient, Dieu est avec ceux qui patientent ». Depuis là, mes ouïes sont attachées à toi, grand frère.
Quelques années plutôt, je faisais partie d'une foule à qui tu as attribué le savoir. Dans une salle de classe, très immense, prête du laboratoire, au lycée Said Mohamed CHEIK de Moroni, tu m'as enseigné la langue arabe. C’était en classe de première. La 1èreA 2. Tu savais que j’aurais du talent en la matière, mais j'étais avalé par la négligence. Et tu ne t'es jamais lassé de m'encourager. Encore un élève turbulent. Ce comportement, tu l'as gommé par ta manière de bon éducateur. Tellement fainéant au cours, j’avais l’habitude de vous dire souvent ceci « fundi yemdru hawadhini ye laaswiri », au respect de la religion, tu nous as libérés en pause, pour remplir ce devoir religieux et même si ce n'était pas l'heure, tu ne t'es fâché pas ou même jamais de moi. Toujours patient et toujours sourient. Mon professeur, mon grand frère, je ne peux pas oublier notre petite détente dans la paillote, à l'INJS, en consommant quelques goûtés, pendant aussi l’heure de pause. J'ai tout stocké : les conseils, les reproches, la tendresse, la sagesse, l'intelligence, le sourire...tous ceux-là de grand frère, de l’éducateur et du professeur.
En outre, lorsque le bon Dieu a inscrit notre dernière rencontre aux Comores, des brèves conversations ont eu lieu à Ikoni et au lycée de Moroni, tu n’ignorais pas la raison de ma présence à ce dernier lieu, pendant l’été 2007 et je n’ai pas oublié mon grand frère. Je te suis reconnaissant. Tu as planté le bon arbre, mais tu en es aussi un. Et les comoriens ont dit « un bon arbre ne dure pas longtemps dans la forêt ». Ca c’est vrai, ton cas le témoigne
Ensuite, pour Ikoni, depuis un certain temps, tu es devenu l'imâm le plus aimé de toute la ville. Le « hatwib anil-min-bar ». Ta lucidité et ta disponibilité nous sont toujours encrées. Rien n'a pu les entamées. Nous sommes endettés et pour liquider cette dette, rien que la reconnaissance. Alors nous sommes reconnaissants de cette oeuvre. Témoignage de cette dette, la foule nombreuse émue, qui t’a rendu le dernier Adieu. Ahmada Ibrahim, j'espère que tu n'as pas laissé un vide, car la nature a horreur du vide. Ahmada Ibrahim, tu es un pilier écroué. Et on ne succède pas facilement à une grande figure, à un grand homme…comme toi. Une tête qui a su et qui a pu faire avec facilité, avec simplicité, avec conviction et avec amour de Dieu. Encore une fois, symbole du pleure d'un ikonien « washiléééé », notre lampe est enlevée. Mais sache que le poète feu, ustadhi Said Toihir de Singani a dit « yeya rantsi ndjema kadjafa ». Alors, tu n'es pas complètement mort, grande figure. Je confirme aussi que tu es immortel.
Soyez en paix auprès d'allah.
Said Ahmed SAID YASSINE
Lyon
| DOSSIERS |
DEVELOPPEMENT RURAL par Mohamed Abdoulhamid
Géographe de formation, enseignant et ancien proviseur du Lycée Saïd Mohamed Cheick, Mohamed Abdoulhamid, dès sa nomination, a pris conscience des difficultés qu'éprouvait la paysannerie comorienne à amorcer un processus de développement autonome.
Lire la suite | Documents officiels à consulter |
| THEMATIQUES |
L'arrivée au pouvoir de Mohamed Taki: Mécanisme d'un paradoxe. Par Soulaïmane Soudjay
| TRIBUNE LIBRE |
DÉBAT
La sortie du livre Moroni Blues l'année dernière avait suscité une levée de bouclier et un tract que d'aucuns qualifient de nauséabond dans la Capitale. De telles manifestations vous paraissent-elles surannées ou sont-elles d'une paresse intellectuelle?
PERSONALITES |
|
|
Texte intégral de la convention|Tout sur l'enfance|Les associations |
|
|
|
|
|















