SPECIAL ELECTIONS DES ÎLES
YOUSSOUF SAID SOILIHI
Youssouf Said Soilihi est né en 1957 à Ntsaoueni dans la région de Mboudé. Il y effectue ses études primaires avant d'embrasser très tôt la politique en intégrant dès les premières heures de la révolution ya siyasa ya ufakuzi d'Ali Soilihi, en 1975. Très doué parmi les imberbes embrigadés, il est très vite nommé secrétaire général du Comité populaire régional de Ngazidja, et en 1977, il devient membre influent du bureau exécutif populaire national. Il y reste jusqu'à son départ pour l'Algérie. En effet, il a obtenu une bourse d'Etat pour y poursuivre ses études. De l'Algérie, il vit le renversement d'Ali Soilihi par les mercenaires de Bob Denard, et la fin du siyasa ya ufakuzi. Il choisit malgré lui de partir s'installer en France où il obtiendra un Doctorat en Sciences économiques, à l'Université de Montpellier II.
En novembre 1989, le président Ahmed Abdallah Abderemane est assassiné par les mercenaires de Bob Denard. Youssouf Said Soilihi, titulaire d'un doctorat, débarrassé de l'ennemi d'hier, assoiffé de pouvoir, voit s'ouvrir à lui l'occasion de retourner au pays et y contribuer à sa reconstruction. Ils sont nombreux à cette époque, les jeunes ambitieux qui voulaient tous y contribuer au développement du pays. Parmi eux se trouvait celui qui deviendra plus tard président de l'assemblée nationale sous la présidence de Djohar, et qui défraya les médias, Monsieur Said Abdallah Mchangama, lui aussi, aujourd'hui, candidat à la présidence de l'île autonome de Ngazidja. Houmed Msaidié, futur membre influent du CRC, parti du président Azali Assoumani. Tous vont soutenir et participer activement à la présidence de Said Mohamed Djohar. Paradoxalement à ses convictions politiques, Youssouf Said Soilihi va choisir la scène internationale, un poste au PNUD, qui l'éloignera quelques années encore de la scène politique comorienne.
Au Gabon, à Genève et à Paris, il travaille avec l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie jusqu'en 2000. Il démissionne de ses fonctions pour retourner à nouveau aux Comores, cette fois-ci, s'investir en politique. Ainsi, il y crée le Djawabu, parti politique, qui se veut digne héritier des idées révolutionnaires, que d'aucuns diront soilihistes. En 2002, il arrive 6ème aux élections de l'Union, avec un score de 6,37%. Actuellement, il est le Vice-président de l'Assemblée de l'Union et maire de Ntsaoueni, sa ville natale. Et pour la première fois, il va se présenter à l'élection présidentielle de Ngazidja.
Haut fonctionnaire international émérite, intellectuel auteur d'un ouvrage de référence économique, Soilihiste convaincu devenu par calcul électoraliste, un grand notable, Youssouf Said Soilihi doit convaincre une jeunesse qui ne croit plus aux idées révolutionnaires empruntées au Mongozi, les cadres et les militants de son parti déçus des choix politiques de leur leader, enfin une population lassée par l'absence de réelles implications de ces hommes politiques aux vrais problèmes de tous les jours…
Enfin, le candidat Youssouf Said Soilihi doit retrouver son engagement d'antan contre la pauvreté, la misère, l'insalubrité dans les villes et autres maux rongeant la société comorienne. Saura-t-il trouver les mots justes pour rallier à sa cause cette population qui assiste impuissante à l'avilissement des valeurs humaines de sa société ? Et comment retrouvera-t-il la confiance de ces jeunes cadres et militants, de tous ceux qui voyaient en lui un homme intègre, de convictions politiques inébranlables, mais qui a privilégié les ambitions personnelles au détriment de l'intérêt du peuple ? Youssouf Said Soilihi doit battre, à la fois son rival Msaidié, comme lui, un enfant de Mboudé, et son ego, seul obstacle pour pouvoir espérer remporter la présidentielle.
Proposé par Karibahari
| DOSSIERS |
DEVELOPPEMENT RURAL par Mohamed Abdoulhamid
Géographe de formation, enseignant et ancien proviseur du Lycée Saïd Mohamed Cheick, Mohamed Abdoulhamid, dès sa nomination, a pris conscience des difficultés qu'éprouvait la paysannerie comorienne à amorcer un processus de développement autonome.
Lire la suite | Documents officiels à consulter |
| THEMATIQUES |
L'arrivée au pouvoir de Mohamed Taki: Mécanisme d'un paradoxe. Par Soulaïmane Soudjay (Docteur en Sciences Politiques. IEP d'Aix-en-Provence)
| PARCOURS | Sakina M’Sa |
Sakina M’Sa FRANCE - par JEAN-MICHEL DJIAN
Longtemps, elle a exprimé sa révolte à travers les vêtements. À 35 ans, la styliste comorienne a fini par se tailler une place dans la haute couture parisienne.
| LE POUVOIR DES MOTS | Le Shikomori avec SAID Soilihi |

SAID Soilihi vous propose le mot NTSOMA.
SAID Soilihi est linguiste et auteur de l'ouvrage: " Pratique de la conjugaison du comorien " chez les éditions kalamu des îles.
Ntsoma signifie « instruction » dans le parler de la Grande Comore. Lire la suite
| CULTURE | Mohamed Elamine Souefou |
SOUEF Mohamed El-Amine, 45 ans, diplomate de formation et de carrière a été d'abord, ambassadeur des Comores en Egypte (1995-1998) et puis, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération (1999-2005) et député à l'Assemblée de l'Union (2004), avant de devenir ambassadeur, représentant permanent des Comores auprès des Nations Unies (2006)Deux ans après avoir quitté le pouvoir à l'issue de l'alternance de mai 2006, SOUEF Mohamed El-Amine, ancien chef de la diplomatie comorienne sort du silence. Lire la suite
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